Action coup de poing – Qu’achetez-vous ? De la viande de nulle part ?

B.Boulay 5 mai 2015 0
Action coup de poing – Qu’achetez-vous ? De la viande de nulle part ?

Pour accélérer l’étiquetage des plats transformés qui n’est pas encore obligatoire, les jeunes agriculteurs ont fait un contrôle dans différentes enseignes. Ils ont distribué des stickers roses pour les « viande d’origine connue » ou jaunes pour les « viande de nulle part ». Dans l’ensemble, le manque d’informations porte essentiellement sur les plats cuisinés et produits transformés.

Depuis l’affaire des raviolis à la viande de cheval, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils achètent. Et les jeunes agriculteurs de la filière viande veulent vendre les bêtes de leur élevage. Donc aujourd’hui, les JA des Vosges s’inscrivaient dans la démarche nationale « Viande de nulle part ». L’objectif est que les consommateurs puissent savoir ce qu’ils achètent et privilégier la viande française.

Les meilleures garanties

« Nous sommes le pays européen qui offrons les meilleures garanties sanitaires« , rappelle Jean-Paul Fontaine, président des JA des Vosges. Autant valoriser cet atout, surtout quand la filière viande ne va pas bien. Les prix d’achat des bêtes sont trop bas pour permettre aux éleveurs de s’en sortir. « En France, il y a 2 poids, 2 mesures entre les agriculteurs et les distributeurs. Il faut que tout le monde puisse bénéficier de la valeur ajoutée ! », défend le nouveau président FDSEA, Philippe Clément.

Obtenir l’affichage obligatoire des provenances

Ils organisent aujourd’hui quelques contrôles impromptus.  Aldi, Thiriet, Simply du quartier Saut le Cerf et Carrefour Jeuxey ont été visités. Les enseignes ne sont pas en cause. À quelques exceptions prêts, les provenances sur les viandes sont plutôt bien indiquées. Par contre, sur les produits transformés, le verdict est presque systématique. « Nous voudrions accélérer le processus de législation pour que l’affichage de la provenance des viandes sur les produits transformés soit obligatoire, explique Jean-Paul Fontaine.  Et pour ça, nous montrons aux consommateurs qu’ils n’ont pas d’informations sur ces produits ».

Rose ou jaune ?

« Nous voulons que ces produits transformés soient tracés, car quelques produits défectueux peuvent faire pâtir toute une filière ! Certaines marques ont adopté cette traçabilité pour le bien être des consommateurs« . Si le distributeur n’étiquette pas, les JA le font ! Ils balisent le parcours. Rose, achetable, jaune, à boycotter  puisqu’on ne connait pas la provenance ! Un simple regard suffit pour choisir … Les JA veulent de la transparence. Que les industriels étiquettent, que l’Union européenne rende la mention obligatoire et que les marques stoppent leur marketing mensonger et que les instances sanitaires contrôlent !

« On s’y perd ! »

Les clients, même s’ils se demandent d’abord ce qu’il se passe, sont sensibles à la démarche de sécurité alimentaire. Dans l’ensemble, ils disent essayer d’acheter français. « Depuis les raviolis, je vérifie les provenances et les compositions, mais parfois, c’est tellement compliqué que je m’y perds. Mais je n’achète pas trop de plats préparés, je préfère cuisiner« , confie Nathalie. Chez Thiriet, le directeur régional est sur la défensive. « Nous avons signé une charte auprès du Ministère de la Santé dans le cadre du Programme national nutrition santé, avec des engagements pour les 4 années à venir, visant à favoriser l’équilibre alimentaire », rappelle-t-il.

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