Agriculture – On n’a qu’une planète !

B.Boulay 28 octobre 2017 0
Agriculture – On n’a qu’une planète !

Lors du Salon Agrimax à Metz, la confédération paysanne fait un point des enjeux. L’agriculture de demain doit sortir du productivisme et redévelopper une alimentation saine, locale et de qualité pour nourrir sans détruire notre environnement.

« La prédation remet en question l’élevage pastoral. On ne peut pas ménager la chèvre et le loup ! Le loup est trop protégé. Il n’a plus peur de l’homme. Il sait qu’il n’a plus rien à craindre de lui. Un agriculteur de Dombrot-le-Sec vient de subir 10 attaques en moins de 2 mois. Ce n’est plus possible économiquement et émotionnellement ! », dénonce Thierry Jacquot porte-parole pour les Vosges.

Des protections qui coûtent cher

Un éleveur qui n’a pas eu d’attaques, ne se protège pas et quand ça lui arrive, il ne peut pas être indemnisé, parce qu’il n ‘a pas déployé les protections demandées. Mais ces protections ont un coût élevé et on ne les pose pas sans raison. « L’agriculteur en question dort au milieu de ses brebis dans une caravane. Ce n’est pas une vie !« , commente-t-il.

Plus de glyphosate en 2 ans

La confédération paysanne prône une sortie rapide du glyphosate en 2 ans. « Les exploitants en bio y arrivent bien ! Il y a plein de façons de revenir aux bases avec des rotations longues, un travail mécanique léger du sol. Il n’y a rien à inventer. Il faut sortir du productivisme. 2 ans, ça suffit pour apprendre aux producteurs à utiliser d’autres techniques. On est là pour nourrir les gens pas pour se concurrencer ni pour détruire notre environnement ! ».

Arrêter de spéculer sur l’alimentation

« Il y a urgence à remettre en cause notre système. On ne peut pas continuer à consommer à crédit les ressources naturelles ! Il faut faire sauter les verrous et aller vers une économie circulaire et solidaire ! Et il faut le faire vite ! IL faut sortir l’alimentaire des accords de libre échange. On n’a pas le droit de jouer avec les besoins essentiels comme l’eau et l’alimentation ! IL faut arrêter de spéculer sur ces besoins vitaux ! Les accords économiques doivent aller dans l’intérêt général pas pour des intérêts privés ».

48 000 victimes des pollutions atmosphériques

« On marche sur la tête ! Ça coûte hyper cher au niveau de sécurité sociale. Une étude publiée par l’agence Santé publique France évalue à au moins 48.000 le nombre des victimes annuelles des pollutions atmosphériques, soit 9% de la mortalité nationale. C’est inacceptable alors qu’on peut prendre des mesures pour l’éviter ! Alors qu’on fait une cause nationale de la sécurité routière qui tue 3469 personnes ! « 

Rééquilibrer les contrats entre agriculteurs et distributeurs

Les annonces d’Emmanuel Macron lève une vague d’espoir. Le Président a annoncé mercredi qu’il voulait légiférer par ordonnances au premier semestre 2018 pour rééquilibrer les contrats entre agriculteurs et distributeurs ainsi que sur le seuil de revente à perte, afin que les agriculteurs soient mieux rémunérés. « On s’est posé beaucoup de questions sur les états généraux de l’alimentation. On a joué le jeu et on fait confiance au Président suite à ses annonces, mais nous saurons lui rappeler ses engagements », commente Thierry Jacquot.

Laisser le marché alimentaire aux mains des producteurs

« On va s’occuper des prix de revient. Les grandes surfaces n’auront pas le choix. Bien sûr, elles pourront importer mais il y aura un blocage des consommateurs qui veulent du local et des garanties sanitaires. Il faudra un prix national lissé. A termes les grandes surfaces vont perdre l’alimentation. Il faut laisser ce marché aux mains des producteurs et structurer les filières courtes. Il faut retrouver des fermes à taille humaine, des productions en harmonie avec la nature et qui sachent garder le contact avec les consommateurs« .

Aura-t-on le temps de changer les choses ?

Les annonces vont dans le bon sens mais la question est : Aura-t-on le temps de mettre en place un système plus durable avec le réchauffement climatique ? Les choses bougent mais c’est trop lent. La prise de conscience vient plus des consommateurs que des politiques. On n’a qu’une terre pour tous !

 

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