Agriculture – « Sommes-nous des citoyens comme les autres ? »

B.Boulay 8 juin 2016 0
Agriculture – « Sommes-nous des citoyens comme les autres ? »

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs rencontraient le préfet pour lui demander des réponses face à une situation qui ne s’améliore pas ! En France, veut-on défendre l’agriculture ? « La volonté politique n’y est pas, les choix ne sont pas faits et on continue de s’enliser ! », attaque Philippe Clément, président de la FDSEA.

Les agriculteurs veulent mettre l’accent sur le fait que rien n’a débloqué ! « On parle moins fort, mais c’est aussi parce qu’on a de la boue jusqu’aux narines !, assène Philippe Clément. C’est le Gaec de la Souche à Darnieulles, Julien Soltys et Bernard Sachot qui accueillaient ce point de situation.

On n’a pas des plaques en or !

« La ferme pourrait apparaitre comme une grosse exploitation, mais chacun des exploitants n’a que 40 vaches. On n’a pas des plaques en or !  défend encore Jérôme Mathieu, président de la Chambre d’agriculture. On a juste ce qu’il faut pour travailler correctement mais quand on a investi récemment, aujourd’hui, on n’arrive plus à vivre. Est-ce que les seuls qui pourront survivre, seront ceux qui ont amorti leurs investissements ?« .

Une PAC ubuesque

« On n’attirera pas les jeunes avec une fourche, une brouette et 3 vaches« , confirme Philippe Clément. A une situation en vrille s’ajoute la PAC. « La PAC devient illisible pour tout le monde ! La PAC 2015 n’est pas versée et on est déjà sur la PAC 2016, c’est ubuesque ! Quand les agriculteurs n’arrivent pas à remplir leur déclaration PAC, c’est qu’on est à la fin d’un système« .

L’agriculture en France, C’est 110 rafales/an

Bref, le message est constant. Les agriculteurs n’y arrivent plus. Les laisse-t-on mourir ? Et les banques ne sont pas pressées de mettre en oeuvre l’année blanche, qui permet de reporter les remboursements d’un an. « L’agriculture dans l’économie française, c’est l’équivalent de  110 rafales par an non délocalisables ». « Dans une situation extrêmement compliquée, on attend des réponses », poursuit Jérôme Mathieu.

On roule sans phare

« Aucun marché ne rattrape les manques des autres ! Aucun indicateur n’est bon ! On ne sait pas où on va  avec les fluctuations de marchés, pas plus que pour les réglementations. On est comme une voiture sans phare qui roule dans le noir. On se dirige au bruit mais il y en a qui vont au fossé. Comment faire pour passer le cap ? ».

Où sont les élus ?

Il  y a du potentiel sur le marché de la restauration collective. « la France en occupe 6% sur les 5,6Milliards d’€. Il y a de la marge, mais il faut une volonté politique. Où sont nos élus ? ». « Veut-on que les exploitants fassent vivre le territoire ? Le textile est parti, il ne reviendra pas, alors il faudrait réagir avant qu’il n’y ait plus d’agriculteurs ».

« On  attend des réponses »

« Sommes-nous des citoyens comme les autres ? », interroge un exploitant. « Nous savons que c’est compliqué, assure le préfet, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, mais on n’a pas les solutions localement. On doit arriver à sauver notre agriculture et ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’on ne porte pas la cause ! La situation n’est pas justifiable, mais les débats pour les mécanismes de régulation ne sont pas encore tranchés. Je ferai remonter en insistant sur le caractère d’urgence ».

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