Ces Vosgiens qui comptent – Dominique Peduzzi, « On a tout ce qu’il faut pour réussir, il faut le mettre en œuvre »

B.Boulay 3 mai 2015 0
Ces Vosgiens qui comptent – Dominique Peduzzi, « On a tout ce qu’il faut pour réussir, il faut le mettre en œuvre »

Dominique Peduzzi collectionne « les casquettes » : maire de Fresse-sur-Moselle, président de l’association des maires des Vosges, conseiller départemental et président du SDIS. Il adopte une tactique à la fois pragmatique et audacieuse.

« L’école, ça ne m’intéressait pas ! J’y étais allergique … Mais j’ai été orienté à un moment où j’étais encore ouvert, se rappelle Dominique Peduzzi, Je n’étais pas dans le rejet complet. J’étais curieux et opiniâtre ». Il l’est toujours !

Se brûler les doigts

Sur le marché du travail avec son CAP de mécanicien, il est conscient qu’il ne sait pas grand chose, mais il va pouvoir apprendre sur terrain. «  j’ai eu la chance de tomber sur des gens qui voulaient bien m’expliquer, mais aussi me laisser faire. Des gens qui ont accepté que je me trompe, parce que se brûler les doigts, c’est un véritable apprentissage ».

Pédagogue à ses heures

Dominique Peduzzi est dans l’expérimentation, et transmettre est l’un de ses dadas. Il a d’ailleurs été formateur. Une des premières choses qu’il a fait lorsqu’il a été élu maire, c’est de la pédagogie : « J’ai ouvert la salle du conseil aux élèves et aux habitants et j’ai pris le temps d’expliquer ce qu’était la commune ».

Une place pour les jeunes

La place des jeunes et leur indécision le préoccupent. « Avant, l’activité était au cœur du village, remarque-t-il, les jeunes voyaient les gens travaillaient. Ils avaient envie de faire comme eux. Aujourd’hui, ils ne savent plus ce que sont les métiers ». Le maire qu’il est veut leur faire une vraie place dans la vie publique, leur faire confiance et leur donner envie de faire.

Inventer autre chose

Autre réflexion, le temps n’est plus le même. « Avant, l’industrie cadençait la vie des gens. Aujourd’hui avec l’internet, le temps est dématérialisé. Ca change tout. On vit une forme d’éclatement qui n’est pas facile à gérer. C’est compliqué de tout lancer en même temps », souligne Dominique Peduzzi. Ça demande d’être sur tous les fronts et le manager doit toujours pédaler, pour que le collectif puisse avancer ».

Ne jamais se satisfaire de l’actuel

Le système arrive en fin d’un cycle, c’est sûr, mais personne ne psait ce que demain nous resserve. Une chose est sûre : « garder ce qu’on a, ne marche plus, il faut inventer autre chose ! »La règle de conduite consiste à ne jamais se satisfaire de l’actuel. « Il faut toujours anticiper et réfléchir à comment améliorer, faire évoluer ».

Entreprendre, c’est accepter l’incertitude

L’obligation de résultats pèse lourd dans notre société. « On est dans une atmosphère où il faudrait avoir la garantie du résultat avant d’entreprendre. Entreprendre c’est oser et croire en ses partenaires. Il faut réfléchir le projet et accepter l’incertitude ». C’est cette confiance qui permettra aux gens de franchir les obstacles imprévus.

Perdre du temps pour en gagner

Autre adage que l’élu a maintes fois vérifié : Il faut savoir perdre du temps, pour que quelque chose se réalise. « Quand un moteur s’emballe, il faut un régulateur ». Dominique Peduzzi se voit comme un chef d’orchestre, qui met en cohérence des forces existantes. Il met en mouvement de la créativité et la responsabilité qui lui est confiée permet de faire avancer les choses. « On ne part jamais d’une page blanche. On va voir ailleurs ce qui se fait et ce qui nous semble approprié, et on l’adapte. », assure-t-il.

Vosges terre de contrastes

Mais il est urgent d’arrêter d’avoir peur de l’autre. « Je suis toujours surpris de la méfiance entre générations, entre professionnels. La confiance c’est compliqué. Mais c’est l’interconnexion entre les acteurs, qui fait avancer, J’y crois ». La concurrence effrénée, c’est fini ! Pour tenir, il faut mutualiser, croiser les compétences. « On a tout ce qu’il faut pour réussir, à nous de le mettre en œuvre et d’attirer des vosgiens qui travaillent ailleurs et qui voudraient revenir. Ce sont des compétences qui pourraient bénéficier au département ».

 

 

 

 

 

 

 

 

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