Clotilde Valter – Redorer le blason de l’apprentissage !

B.Boulay 22 mars 2017 1
Clotilde Valter – Redorer le blason de l’apprentissage !

Clotilde Valter, secrétaire d’État à l’apprentissage et à la formation, est venue aujourd’hui prendre le pouls de l’apprentissage dans les Vosges à travers 2 grosses entreprises, Munskjö et Egger. L’opportunité pour Thierry Poulet, directeur de Face Vosges de présenter Eu Talent, un nouvel outil d’évaluation de la qualité de l’apprentissage dans l’entreprise.

Pour évaluer l’avancée concrète des récentes réformes de l’apprentissage, Clotilde Valter avait choisi la papeterie Munskjö, une entreprise qui existe depuis 1492, compte 470 collaborateurs, une vingtaine d’apprentis par an, 300 clients pour un chiffre d’affaires de 150M€. C’est elle qui fabrique le fameux papier Velin si réputé.

100 personnes à remplacer d’ici 5 ans

« Dans les 5 années à venir, 20% des effectifs (plus de 100 personnes) va partir à la retraite, c’est dire si nous somme attentifs au recrutement d’apprentis pour former la relève, souligne Nikita Mulard, directeur du site. Chaque apprenti est un acteur de demain. Si nous avons tenu 525 ans, c’est que nous avons su entretenir et transmettre notre Savoir-faire, mais il faut rajouter un peu d’éducation, de savoir être. Nous voulons installer l’image d’une entreprise où il fait bon travailler ».

Les entreprises ont du mal à recruter des apprentis

« L’apprentissage est une voie d’excellence, poursuit Patrick Bonnet, conseiller de Gérard Mestrallet, l’ambassadeur national de l’apprentissage. C’est un accès privilégié à l’emploi pour les jeunes et une chance pour les entreprises d’avoir les techniciens formés à leurs spécificités ». Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et ce sont les entreprises qui n’arrivent plus à recruter les apprentis dont elles ont besoin. Le Gouvernement tente de créer un cadre favorable pour y remédier et Clotilde Valter était sur le terrain pour voir ce que ça donnait concrètement.

Créer une culture de l’alternance

La formation en alternance en France est loin d’être la règle ! Il faut faire bouger les lignes. « Pour créer une culture de l’alternance, il faut innover. L’entreprise est formatrice. L’apprentissage a une dimension collective. Rien de mieux qu’un chef d’entreprise pour parler de son métier. Un partenariat doit s’établir avec les parents et les enseignants« . Les choses évoluent, mais il y a encore du chemin comme en témoigne Guillaume, apprenti depuis un an dans l’entreprise Munskjö.

Il fallait faire un Bac général

Les jeunes n’ont pas la notion de la réalité des métiers. « J’ai fait un bac S, parce que c’est ce qu’il fallait faire, explique Guillaume. C’est du moins comme ça que ça se passait. Les bons font un bac général, les autres vont en apprentissage. Mais l’enseignement général ne m’intéressait pas ! J’ai fait un bac pro vente parce que c’est la filière qu’on m’avait présenté, mais je voyais bien que les offres d’emploi n’étaient pas au rendez-vous et une personne de ma famille qui travaillait chez Munskjö,  m’a parlé de l’entreprise ».

On imagine qu’on va travailler à la chaîne

« J’ai envoyé une candidature spontanée et j’ai été pris pour un Bac pro procédé chimie eau et carton(ancien Bac pro papetier)« . Guillaume avoue qu’il n’avait pas vraiment idée de ce qu’il allait trouver. Il n’a visité l’usine que le jour de son entrée et il ne sait toujours pas dire l’intitulé de sa formation, mais une chose est sûre, elle lui plait ! «  Quand on pense usine, on imagine qu’on va travailler à la chaîne, mais ce n’est pas ça du tout. Il y a beaucoup de choses à voir. Ça fait un an que j’y suis et je n’ai pas vu le temps passer« .

L’apprentissage n’a pas la place qu’il devrait avoir

Guillaume apprécie de lier théorie et application pratique sur le terrain. Et comme il habite Remiremont, il bénéficie d’une indemnité pour ses déplacements à Arches comme au CFA à Gérardmer. Il estime que sa rémunération est tout à fait correcte. Avec son franc parler, Guillaume illustre parfaitement la problématique. L’apprentissage n’a pas en France la place qu’il devrait avoir, alors qu’il pourrait jouer un rôle pour une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail.

Changer l’image de l’apprentissage

« Il faut changer les représentations sociales de l’apprentissage, commente Clotilde Valter. L’apprentissage ne concerne pas que des métiers manuels. Il permet d’acquérir une expérience professionnelle et offre une insertion rapide des jeunes. Il faut changer cette image négative, mettre un terme à des préjugés comme « l’apprentissage, c’est pour les autres » ou  » c’est une voie de garage ». La jeunesse française est en recherche d’identité, de ce que va être sa vie et la vie, c’est aussi un emploi durable. L’industrie, ce n’est plus Germinal, mais ça va mieux en le disant !

De nouveaux outils

Face, ambassadeur régional et national de l’apprentissage met en place des actions innovantes comme le CV inversé, de véritable Clip pour mettre en valeur les métiers des entreprises qui recherchent des apprentis. Nouvel outil, qui n’est pas encore sorti, le projet EU TALENT veut mobiliser les PME à travers la mise en place de réseaux nationaux et européens d’échanges de bonnes pratiques. Il sera développé dans 12 pays européens et permet aux entreprises de d’auto évaluer la qualité de leur apprentissage. Clotilde Valter renouvelait la démarche l’après-midi avec l’entreprise Egger à Rambervillers.

 

 

Un commentaire »

  1. totor101 22 mars 2017 sur 11 h 27 min - Reply

    Il faudrait surtout réformer l’état d’esprit des enseignants !
    Pour beaucoup, l’orientation vers une formation de type technique correspond à une mise à la poubelle !
    Par contre réussir une licence de lettres et se retrouver caissière de super-marché, c’est TOP ! ! !

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