Drame conjugal de Thiéfosse – Le mari mis en examen pour tentative d’homicide aggravé

B.Boulay 6 juillet 2016 0
Drame conjugal de Thiéfosse – Le mari mis en examen pour tentative d’homicide aggravé

Le mari a été mis en examen ce matin pour tentative d’homicide aggravé par la qualité de conjoint. Mais il a simplement dit qu’il assumerait ce qu’il avait fait. L’état de sa femme est grave, mais ses jours ne sont pas en danger. Elle a été placée dans un coma artificiel, parce que ses blessures la faisaient trop souffrir.

Ce n’était pas un ami, mais la soeur du mari qui s’est inquiétée de ne voir aucun mouvement dans la maison. Son frère ayant déjà parlé de se suicider, elle craignait qu’il ne soit passé à l’acte et elle a décidé d’aller voir ce qu’il se passait. C’est elle qui les a découvert. La femme poignardée sur le lit, le mari écroulé à même le sol.

En cours de séparation

Le couple a été marié plus d’une trentaine d’année, puisqu’ils ont deux enfants adultes de 36 et 30 ans. Tous deux âgés de 54 ans, ils avaient décidé de se séparer. La femme avait pris un appartement, mais son mari a décidé que c’était lui qui devait y habiter. Elle est donc revenue dans leur maison, quand il a finalement décidé de revenir. Elle est alors retournée habiter chez sa mère.

Il ne lui a laissé aucune chance

La séparation s’annonçait compliquée. On ne sait pas bien pourquoi la femme s’est présentée au domicile dimanche matin vers 8h30, peut-être pour récupérer des affaires qui lui manquaient. Toujours est-il que son mari ne lui a pas laissé beaucoup de chance de s’en tirer en la frappant avec un grand couteau à viande à 5 reprises au cou, au coeur, à l’aine et au bas ventre. Comme elle était inanimée, il a dû la croire morte.

Il voulait incendier la maison et les voitures

On a retrouvé un noeud coulant sur une poutre, qui laisse penser qu’il avait l’intention de se pendre puis de faire brûler la maison et effacer toute trace de son forfait ou de leur existence commune. Il avait semble-t-il rentrer la voiture de sa femme au garage et avait aspergé d’essence le tour de la maison et les voitures. A l’intérieur, les enquêteurs ont retrouvé un calepin où était écrit : « Voilà ce qui arrive quand on me provoque. Mes amis ne doivent pas me pleurer et je veux être incinéré ». Dans la boite aux lettres, il a laissé un courrier annonçant qu’il venait de commettre l’irréparable, qu’il refusait d’être humilié et qu’il ne supportait pas cette séparation.

Ivre mort

En fait, le mari n’avait pas avalé de médicaments comme son inconscience l’avait d’abord laissé supposer. C’était simplement un coma éthylique. Il s’était écroulé ivre mort avant de pouvoir passer à l’acte pour se tuer lui-même. Un magnum de pastis a été retrouvé à ses cotés, à demi vide. Une fois dégrisé, le mari a été placé en garde à vue lundi. Celle-ci a été prolongée, mais il a fait valoir son droit au silence disant simplement qu’il assumerait ce qu’il avait fait. Il n’a pas d’antécédents judiciaire par rapport à la consommation d’alcool.

Il risque la réclusion à perpétuité

Le Parquet a saisi le juge d’instruction Catherine Reyter-Levis par un réquisitoire introductif. Le mari a été entendu puis mis en examen pour tentative d’homicide volontaire aggravé par la qualité de conjoint. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais il pourrait également être poursuivi pour viol. « Sa femme depuis son réveil est consciente, mais complètement prostrée. Personne n’est parvenue à entrer en contact avec elle. Pourtant lors d’un moment de conscience, elle a accusé son mari d’avoir tenté de la violer », explique le procureur Étienne Manteaux.

viol ou pas viol ?

Elle a été examinée mardi après-midi, mais à ce jour, les résultats de ses examens médico-légaux n’étaient pas encore connus. L’homme été entendu ce matin comme témoin assisté, par le juge d’instruction, « qui se donne du temps pour avoir tous les éléments pour juger de cette potentielle inculpation », explique le procureur. Le prévenu comparaissait cet après-midi, mais il s’est muré dans le silence. Le juge, Jean-Baptiste Haquet a prononcé le placement en détention provisoire, le temps que l’enquête permette de mieux comprendre ce qu’il s’est passé.

Tous les 2 en arrêt maladie prolongé

« Ce qui est interpellant, c’est que le mari semble assez peu ému par ce qu’il a commis. Il ne semble pas abattu », commente Étienne Manteaux, précisant qu’il était en arrêt  maladie depuis 3 mois. « Il est marbrier salarié et se disait en burn out du fait des conditions de travail« , poursuit-il. Sa femme est lingère dans un lycée mais elle était également en arrêt maladie depuis un mois.Il semble qu’il y ait chez les 2, un fond de dépression.

Téléphone volé

Autre fait à rapprocher du drame de ce week-end, sa femme avait porté plainte pour le vol de son portable. Elle pensait que c’était son mari qui lui avait subtilisé. A-t-il trouvé dedans des éléments qui l’ont poussé à agir ? Est-ce que la clé de ce drame se trouve dans la jalousie ? Pour l’instant, ce sont encore des questions sans réponse.

http://www.actu88.fr/drame-conjugal-a-thiefosse-une-femme-poignardee-le-mari-inconscient/

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