Earl de Tannière : le choix du naturel !

B.Boulay 9 avril 2013 0
Earl de Tannière : le choix du naturel !

Véronique et Michel Chevalley sont en production laitière bio depuis 2011. Ils ont fait le choix du naturel et ouvraient aujourd’hui leur exploitation.  L’occasion de présenter la grange de séchage du foin, un système 100% développement durable qu’ils viennent d’installer.

L’EARL de Tannière dispose aujourd’hui de 54 ha dont 50 ha de prairie. Elle compte 37 vaches laitières pour un quota de 160 000 litres et une soixantaine de bêtes. En 2012, les exploitants ont livré 147 000 litres chez Bongrain.

Véronique Chevalley s’est installée en 1996. Son mari travaillait comme salarié agricole. Il l’a rejoint sur l’exploitation en 1999. « Nous n’étions ni l’un, ni l’autre issus du milieu agricole, précise Véronique Chevalley. Nous avons dû acheter une ferme  pour démarrer».

En production Bio certifiée

Aujourd’hui, ils ont fait le choix du naturel pour leurs bêtes. Ils veulent respecter le rythme biologique de l’animal. Ils laissent le veau avec sa mère et nourrissent leur cheptel du fourrage qu’ils produisent et diversifient. Une démarche qui les a menés à la production bio certifiée.

Pour être certifié, aucune substance chimique ne doit entrer dans la culture du fourrage, qui lui-même proviendra de semences bio.

L’EARL de Tannière utilise son propre fourrage, environ 255 tonnes d’herbes séchées pour l’hiver.

Sécher le foin en grange

Ils viennent d’investir dans l’installation d’un séchage en grange. « C’est un système, où  la chaleur produite sous les toits est récupérée et ventilée pour sécher le fourrage. Ça représente un investissement coûteux, mais c’est dans la lignée du choix de ferme que nous avons fait », explique Michel Chevalley.

C’est la 4e installation de ce type dans les Vosges. « Ce système, c’est 100% économie d’énergie, souligne Daniel Gremillet, président de la chambre d’agriculture. Le séchage avant se faisait avec des machines consommatrice d’énergie pétrolière. Là, il n’y a que la consommation minime des deux ventilateurs ».

Les ventilateurs créent une circulation de l’air chaud, qui sèche le foin. « Avant, nous étions obligés de prendre une entreprise pour le faire. A la prochaine saison, nous pourrons être autonomes », se réjouit l’exploitant.

Inciter les bêtes à ruminer

Les bêtes ont leur foin matin et soir. « Si on leur donne à volonté, elles trient et ne veulent plus du foin, qui les fait ruminer et c’est là qu’on a des vaches qui ont des soucis intestinaux. Je les incite à manger des fibres et je n’ai plus aucun problème », explique Michel Chevalley. L’été, elles sont en pâture et ne souffrent d’aucun problème de parasites. « Nous pratiquons la rotation des pâtures pour la diversité de l’herbe et une alternance fauchage et pâture », précise l’éleveur.

les veaux avec leur mère

Les veaux restent avec leur mère, 15 jours pour les petits mâles, 1 mois pour les petites femelles. Ensuite, elles auront des seaux à tétines jusqu’à 7 mois avec du foin à volonté.

7 vaches vont être réformées. 7 petites génisses ont été gardées. Les autres et les petits mâles sont vendus. « Les pertes de petits veaux sont presque toujours des jumeaux. »

L’Earl de Tannière pratique la méthode Obsalim, c’est à dire l’observation des animaux. « Je n’ai jamais vu des veaux en aussi bonne santé que depuis que je suis ici, témoigne avec fierté l’éleveur. Plus jamais un veau malade, plus d’antibiotique ! Il y a des années que je n’ai pas eu de mammites ». Pour le tarissement après l’allaitement du veau, Michel Chevalley met la vache 2 jours à la diète. Puis il la traie et la ramène dans le troupeau. « Les vétérinaires formés aujourd’hui ne savent pas comment fonctionne une vache, constate l’éleveur. C’est grave ! »

Une seule visite du vétérinaire dans l’année

Donc ici, pas besoin d’homéopathie, ni d’aromathérapie qui sont des pratiques autorisées en bio. Les animaux n’en ont pas besoin. Ils sont élevés au naturel et « observés ». « Les métrites et les kératites n’existent plus chez nous ! », témoignent encore Michel Chevalley. Sa femme fait remarquer qu’il n’y a eu qu’ une seule visite du vétérinaire dans l’année.

Par contre, les vaches sont écornées. « On a essayé de ne pas le faire, mais on a été déçu ».

Une exploitation bénéficiaire

La ferme propose aussi des chambres d’hôtes.Mais apparemment elle a trouvé son équilibre financier. Moins de frais pour soigner les animaux, moins de traitements et l’Earl de Tannière dégage de quoi vivre et même de quoi investir dans son nouveau système de séchage du foin. L’excédent d’exploitation fait 38% du produit brut. Un résultat qui devrait séduire des agriculteurs hésitants à faire le pas de la conversion, même si le temps de transition entre 2 systèmes ne favorise pas l’éleveur qui s’engage dans le bio.

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