Festival Grand Angle – Femmes du quotidien …

B.Boulay 22 novembre 2017 0
Festival Grand Angle – Femmes du quotidien …

Le Festival de photojournalisme Grand Angle expose ses femmes du 20 novembre au 1er décembre à la salle du Trésor à Épinal. Femmes du Laos, Peuls nomades du Niger ou du Haut Atlas marocain, femmes engagées ou mères et filles, ce sont les femmes au quotidien saisies par l’oeil du photographe, à la fois extérieur et intimiste.

« Les femmes ont une certaine liberté dans ces communautés nomades, observe Jean-Pierre Valentin, photographe. Elles sont propriétaires de l’habitat, même si ce n’est qu’une tente et si les époux divorcent, c’est l’homme qui couche dehors. Mais la vie nomade n’a pas que des avantages. Les femmes connaissent aussi la souffrance d’un bébé qui décède parce que les dispensaires sont loin.« 

Le nomadisme a-t-il un avenir ?

Jean-Pierre Valentin décrit une culture, des choix de vie au rythme de la nature, mais aussi le dépouillement, la difficulté d’accéder à l’école, le manque d’intimité, la séparation parce que les hommes vont mener les bêtes vers des terrains plus propices. C’est ce qu’il raconte (ou va raconter) aux 400 élèves inscrits. Ce père s’inquiète de savoir si sa fille ainée doit aller à l’école ou s’il doit la garder avec lui. Les enfants voudront-ils rester nomades ? le pourront-ils ? S’ils quittent la communauté, comment pourront-ils retrouver leur place en y revenant plus tard ?

Une centaine d’ethnies au Laos

Des questions existentielles qui se posent dans toutes les cultures, mais qui sont encore accrues par le nomadisme. Choisir de faire des études, c’est être interne ou être accueilli dans de la famille lointaine, c’est quitter sa famille, sa communauté et s’exiler, un vrai dilemme ! Au Laos, la place des femmes est liée aux ethnies. Il y en a une centaine et les Akhas sont ceux qui restent les plus attachés à leurs traditions et qui ont le plus de tabous.

Les pieds dans l’eau

Les photos parlent de la place des femmes dans ces villages. Ils montrent les enfants qui manient les coupe coupe ou construisent leur natte de bambous. Toute la famille s’activent dans les rizières, mais il faut aussi faire la provision de bois pour alimenter les foyers. Il y a aussi le riz pente sur un versant. « L’eau ne sert qu’à éviter que les mauvaises herbes ne poussent, explique l’association. Dans les pentes, il faut désherber tout le temps.

Garantes de la tradition et porteuses d’innovation

« Les jeunes filles sont libres chez les Akhas car l’objectif, c’est la fertilité, explique l’association des Amis lorrains du Laos. Quand la jeune fille tombe enceinte, c’est une fête. Mais après l’accouchement, elle doit rester près du feu et entretenir le foyer par 30°C pour se purifier ». On y voit également le tissage, teinture … « Les femmes sont garantes de la tradition et porteuses d’innovations, mais elles sont encore dépendantes de la pression sociale et du modernisme du chef ».

Le chaud et le froid

L’une pourra faire les études dont elle rêve portée par la fierté de la communauté alors que l’autre devra rester au village pour aider et prendre sa part des tâches quotidiennes tout en rêvant des études qu’elle ne pourra certainement jamais faire. Un ailleurs qui fait rêver, attire, interpelle, interroge, bouscule notre société occidentale, si on prend le temps de s’y arrêter. Ces univers qui soufflent le chaud et le froid, c’est tellement dépaysant que ça secoue le cocotier de nos habitudes modernes.
Ouverture au public du lundi au vendredi de 18h à 20h, le samedi 25 novembre de 10h à 12h.
19 rue d’Ambrail à Épinal.

http://www.laligue88.org/images/Grand_Angle_3_Plan%C3%A8te_Femmes_programme.pdf

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