FIG – Jean Robert Pitte : En France, cuisiner est une activité noble !

B.Boulay 3 octobre 2017 0
FIG – Jean Robert Pitte : En France, cuisiner est une activité noble !

Dans le cadre du Festival de géographie, Jean-Robert Pitte,  spécialiste du paysage et de la gastronomie présentait vendredi en avant première son Atlas de la gastronomie à la BMI d’Épinal.

Jean-Robert Pitte est le chantre des vins et de la gastronomie. Il apprécie « ces produits vosgiens délicieux » et ne manque pas de manger de la tofaille quand il vient dans nos vallées. Il confesse une vocation manquée de cuisinier qu’il rattrape en dégustant les spécialités des autres. « La gastronomie et les vins sont aussi importants que les reliefs », confie-t-il à un public de convaincus.

Le raffinement des gens aisés qui font étape

« J‘ai eu l’idée d’étudier la géographie des restaurants et c’est passionnant, parce qu’ils ne sont pas n’importe où ! appâte-t-il. En France, les restaurants se sont développés sur l’axe Paris-Marseille, le long de l’ancienne nationale 7, tirés vers le haut par une clientèle qui faisait halte en descendant dans le sud. Ils sont nés du raffinement des gens aisés et des artistes, qui avaient des exigences ».

En France, on continue à cuisiner !

Après avoir créé un centre de recherche autour de la gastronomie à Tours, il initie la demande de classement de la gastronomie française au patrimoine immatériel de l’Unesco. « Il n’y a pas de rencontres importantes sans gastronomie, même pour les chefs d’État, on sert une cuisine raffinée et savoureuse. C’est une identité et les réceptions ont sauvé la France plus d’une fois ! affirme le conférencier. En France, on continue à cuisiner. On achète des plats tout faits pour la semaine mais le week-end et pour les fêtes, on se met aux fourneaux ».

Le repas gastronomique au patrimoine immatériel de l’Unesco

« En France, on accorde de l’importance aux repas et on peut économiser et casser sa tirelire quand on est de milieu modeste pour se payer un bon restaurant. Les Français tirent un immense plaisir de bons repas. Se réunir autour d’une table crée du lien social et c’est considéré comme une activité noble ». En 2005-2006, un dossier de classement est déposé. En 2010, il est accepté. Le repas gastronomique français entre au patrimoine immatériel de l’Unesco.

La gastronomie, un élément fédérateur

Dans la crise identitaire qui nous secoue, la gastronomie est un élément fédérateur. Jean-Robert Pitte a réalisé un atlas de la gastronomie, proposant des cartes par famille de produits. Il y a ajouté une carte des vins et des restaurants. « On ne mange pas pareil au Nord et au Sud. Un même produit sera cuisiné cru à un endroit et cuit à l’autre. Il y a une identité des provinces et des terroirs et c’est pour ça qu’il faut manger local ! « , remarque-t-il encore.

La richesse de la différence

Après que le repas français ait été classé, l’association du centre de recherche de la gastronomie a lancé un appel d’offres pour que les villes candidatent pour être cité de la gastronomie. 4 villes ont été retenues en réseau : Tours, Dijon qui a fait classer ses terroirs, Paris Rungis et Lyon. « Si on croit au terroir, on croit que ce qui est ici est différent de ce qui est à coté. C’est la richesse de la différence ! La cuisine est l’art de marier un plat avec un vin. Avec le réchauffement climatique, les vignobles renaissent et de nouveaux vins émergent, et c’est une vraie symphonie« .

 C’est une expérience émouvante de partager des spécialités

« La Mondialisation amène à l’uniformisation, d’où la peur de perdre son identité, mais vous êtes d’abord Spinalien, puis Vosgien, puis Lorrain, puis Grand Est, puis Français, Européen et enfin citoyen du monde ! C’est une expérience émouvante de manger des spécialités différentes à partir du moment où chaque peuple est fier de sa culture, de son savoir faire et a envie de partager ce qui fait son excellence. Défendre son terroir est une force quand on ne s’y enferme pas ! « .

Choisissez vos aliments et cuisinez !

« Je ne suis pas pour la cuisine fusion qui se travaille à la pince à épiler et combine tellement de saveurs mini dosées, que plus rien ne ressort. Je n’ai qu’un conseil : Choisissez vos aliments, cuisinez et prenez-y du plaisir !« 

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