Garantie Jeunes – Harlem Désir fait le bilan

B.Boulay 12 septembre 2015 0
Garantie Jeunes – Harlem Désir fait le bilan

Le secrétaire d’État aux affaires européennes, Harlem Désir, était aujourd’hui dans l’Ouest Vosgien pour un bilan du dispositif « Garantie jeunes » expérimenté sur le département.Un bilan qui est encourageant.

Le département est un des 10 pilotes qui expérimentent la Garantie Jeunes depuis 2013 et Harlem Désir vient prendre le pouls. Le Fonds européen a mis 4,9M€ pour l’insertion professionnelle des jeunes vosgiens tous dispositifs confondus et 670 000€ pour les 4 missions locales des Vosges.

À Neufchâteau

C’est à Neufchâteau qu’il rencontre les jeunes impliqués dans le dispositif.  La Garantie jeune s’adresse aux jeunes de 18-26 ans les plus éloignés de l’emploi et en grande précarité. Elle est fondée sur le « donnant-donnant ». Les jeunes  perçoivent une allocation de 462€/mois et s’engagent à mettre tout en place pour parvenir à un emploi. L’objectif sur la France d’ici fin 2015, est  de 50 000 jeunes. Pour l’instant, 40 000 en ont bénéficié, 100 000 jeunes devraient y avoir accès d’ici 2017. Dans les Vosges, 541 jeunes ont signé un contrat Garantie jeunes en 2014, 542 sont programmés pour 2015.

Une immersion qui déclenche la motivation

Même s’ils sont un peu impressionnés, les jeunes présentent clairement leurs objectifs et leur parcours.Ils font preuve d’une bonne aisance. Tous parlent des stages en entreprise avec conviction. Cette immersion déclenche une motivation pour un métier, ou un secteur d’activité. « J’ai un contrat de 4 mois dans le bâtiment au chantier d’insertion de Beaufrémont, explique Romain, 22 ans, ce n’était pas ce que je voulais faire, mais j’ai saisi cette opportunité et j’espère conclure ».

Autonomie et mobilité

Johnny est un peu rebuté par la théorie, il préfère le terrain, mais il se rend bien compte qu’il va lui falloir dépasser en partie ce blocage. « L’école, c’est pas mon truc, confie-t-il. Je vais persévérer. Maintenant c’est parti ». Quant à Alexandre, il s’est découvert une passion pour la boulangerie et cherche un maître d’apprentissage. La plupart ont passé le permis pendant la formation, ce qui leur donne une autonomie et une mobilité, qu’ils peuvent mettre en avant.

Capable !

« Maintenant, je me sens capable de me prendre en main« , assure Pierre 20 ans, qui veut travailler dans les pompes funèbres. Un accompagnement qui lui a permis de s’approprier les codes commerciaux. Pour Aymerick, la voie est plus confuse. Il a essayé plusieurs secteurs, dont l’armée : « A chaque fois, ce n’était pas vraiment ça … ». Les 2 conseillères référentes, Noémie Emond et Sandrine Charles, vont lui donner quelques clés et l’aider à poursuivre sa quête.

Trop âgée pour l’apprentissage …

Plus de 60% des jeunes en contrat Garantie Jeunes ont entre 18 et 21 ans. Mais Sibel ne fait pas partie de cette tranche d’âge. Elle aurait pu faire un apprentissage, mais elle a un an de trop … Le cadre devait être plus ouvert et Harlem Désir l’a bien noté. « C’est vraiment intéressant de partager nos expériences« , souligne Précilla, qui a un diplôme d’aide soignante et se trouve actuellement en CDD. « Le collectif est stimulant, complète Noémie Émond, Il y a de la cohésion, de l’entraide et une dynamique se crée ».

Le mal et son antidote

« C’est important de se rendre sur le terrain pour voir l’ampleur de ce mal français et l’impact des dispositifs mis en place pour l’endiguer », reprend Simon Leclerc, maire de Neufchâteau à la sous-préfecture où étaient réunis acteurs et bénéficiaires de la garantie Jeunes. Dans l’ouest vosgien, le chômage des jeunes est légèrement inférieur au reste du département. « Les jeunes ont envie de travailler. Il faut leur redonner confiance. Le chômage n’est pas une fatalité et notre société, même en mutation économique peut offrir de nouveaux emplois« , insiste Christian Franqueville.

Des entreprises s’engagent

Justement, la société Trans’vallées  Jacky Perrenot de Châtenois, qui compte 64 salariés dans le secteur Logistique et transport, signait l’après-midi même une convention de partenariat pour accueillir ces jeunes en immersion. Théâtre, image de soi, CV vidéo avec Face Vosges, les mission locales innovent pour amener ces jeunes à prendre conscience de leur valeur. « Je ne savais plus quoi faire de ma vie, témoigne Marion Facheris, 23 ans, la Garantie jeunes m’a redonné espoir. C’était la 1ère fois qu’on me félicitait pour quelque chose ». Elle a aujourd’hui un CDI de 24h/semaine au McDonald, dont le Manager suggère de développer le temps partagé.

Rompre le cercle vicieux

« La Garantie Jeunes, c’est un outil qui permet de rompre avec le cercle vicieux » témoigne encore Manon. Un véritable coup de pouce ! Tout est dit. Un autre groupe de 20 jeunes démarrera lundi et le dernier sur le secteur est prévu en novembre sur Bulgnéville. «  1 jeune sur 4 ou 5 suivant les départements, démarre sa vie professionnelle par le chômage, Ce n’est pas tolérable ! Et même si la croissance repart, on ne peut pas attendre, conclut Harlem Désir. Cette Garantie jeune, nous l’avons voulue et les résultats sont enthousiasmants. Les jeunes passés par le dispositif sont motivés. Ils ont de l’assurance. L’Europe doit être capable de se mobiliser pour ses jeunes. On va y arriver !« 

 

 

Lancé en 2013, la garantie

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