Ils tournent, ils tournent, les courts métrages !

B.Boulay 21 février 2013 0
Ils tournent, ils tournent, les courts métrages !

Le public était là mardi soir, pour cette 1ère soirée court métrage, hors du cadre des festivals. Tournés ou produits en Lorraine, ces 4 courts métrages se devaient d’être présentés au public à Epinal, Pôle images oblige !

 

La Lorraine  se définit comme terre de tournage et pour soutenir ses auteurs, elle dispose d’un fonds de 840 000€. Comme l’argent est le nerf de la guerre, les 4 courts métrages présentés ce soir en ont bénéficié.

 Coup de projecteur

« D’où l’idée de valoriser ces productions et de leur donner une visibilité que les courts métrages n’ont pas vraiment en dehors des festivals, explique Bertrand Masson, conseiller régional de Lorraine. Cette soirée est aussi l’occasion de valoriser la filière cinématographique. Il y a des Lorrains parmi les réalisateurs, les producteurs et les techniciens ». Une initiative que salue Jean-Pierre Moinaux, vice-président régional en charge de la culture, se réjouissant que les spectateurs venus nombreux, aient l’opportunité d’échanger avec les réalisateurs et les équipes de production présentes.

« Demain »

« Demain » s’ouvre sur un skate parc. Envols, torsion des corps, claquement des planches. Thomas en est. 13 ans, en classe, il noircit rageusement et méthodiquement des colonnes. Quelques phrases piochées dans un livre, une interpellation. La bulle de l’enfance se fendille. Le vent souffle ses métamorphoses. Déambulations en forêt jusqu’à se perdre lui-même. Il ne reconnaît plus ce mutant. Dans sa chambre, il erre, commence un geste réflexe, s’acharne. De l’implosion, la rage se répand, vague irrépressible dans la violence de son éclosion.

Pour son tout premier court métrage, Frédéric Bernard est encore « adolescent ». Si on en perçoit l’essence, l’oeuvre doit être encore peaufinée. « Demain », c’est 5 jours de tournage entre Epinal et Jeuxey avec une équipe réduite.

« Hsu Ji derrière l’écran »

Sous le pouvoir des lunettes 3D, les silhouettes de papier prennent vie. Hsu Ji est « ailleurs ». Elle est aussi d’ailleurs et a oublié qu’elle devait s’esquiver quand la police fait la sortie de l’école.Plus d’école, mais du travail sur une machine à coudre. Dans ce décor de poutres voûtées, Hsu Ji s’amuse d’un vieux film muet jusqu’à ce que réalité et imaginaire se confondent. Elle repousse les frontières, voit les personnages lui venir en aide. La vie est tellement plus facile quand on a des amis et qu’on peut s’évader. Poésie, univers entre ciel et terre, Thomas Rio se joue des règles avec impunité et tendresse. Il navigue à vue dans la palette d’émotions de cette petite réfugiée et lui ouvre les portes de l’imaginaire. Un film qui a trouvé son décor autour de Senones.

« Dessine-moi un bouton »

Plus de lunettes 3D, mais la magie continue. Elliot, 6 ans, ne peut plus dormir. Doudou à la main, les yeux étonnés, il contemple des jouets inaccessibles, discute avec une vendeuse de bonbons à l’accent russe et rencontre un étrange marchand de sable. Mais tout se paye chèrement, même au pays imaginaire ! Et si grandir vaut son pesant d’or, le chemin est semé de déceptions. Mais il bouscule les habitudes et prépare à toutes les folies ! On en a plein les yeux… « 4 jours de tournage seulement au studio Daroo de Golbey, 1 an ½ de préparation et autant de post production. On a fait un film hollywoodien dont on est satisfait, sans budget », commente Gary Lebel. Le film est prêt à se lancer dans le tour des Festivals.

« Histoire Belge »

Là, on atterrit. Muriel, 40 ans, est chez son gynécologue, fesses à l’air et chaussettes au pied. Pas de doute, on est dans la vraie vie. Bouche ouverte, Myriam se sent « comme une autruche qui vient de sortir la tête du sable ». Elle veut un enfant. Sa compagne n’en veut pas. Couple hétéro ou de même sexe, l’approche est la même ! Direction la Belgique, où la fécondation in vitro est légale. Train, têtes belges, la citadelle, tout un programme à paillettes évidemment ! Un humour décalé, pince sans rire, qui décongestionne un sujet lourd. Tout d’un coup, tout devient plus léger, même l’infirmière adjudant chef ! Piqûres à heures fixes dans les toilettes, joie, enthousiasme, … et puis la peur ! Peur que ça marche… peur des questions. Tout est dans le cahier !

Préfiguration du Pôle images

Un court métrage qui dit les choses tout simplement. Et qui, si Myriam Donasis trouve le budget approprié, pourrait devenir un long métrage. 11 jours de tournage pour « Histoire belge » entre Epinal, Nancy et la Belgique pour un film sélectionné dans 7 pays.

Du fond, des formes, de l’esthétisme et de la créativité, la soirée témoigne des potentiels régionaux en termes de création cinématographique et préfigure agréablement le Pôle images.

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