Justice – Billet d’humeur : Un procès hallucinant !

B.Boulay 15 octobre 2012 0
Justice – Billet d’humeur : Un procès hallucinant !

Quand on lit les comptes-rendus d’audience du procès des surirradiés d’Epinal, on ne peut pas croire à un tel cumul d’incompétences !

Toutes les fautes sont cumulées

–       Un nouveau procédé (des coins inertes aux coins dynamiques)  est mis en fonction sans que soient contrôlés les formations des manipulateurs, les process de sécurité et la capacité du service à en assurer l’utilisation avec toutes les garanties.

Comment est-ce encore possible de nos jours ?

–       Un radiophysicien et un médecin radiothérapeute se renvoient la responsabilité d’un matching (exposition pendant le réglage des machines) non pris en compte dans le dosage du traitement,

Mais quand on est spécialiste en radiothérapie, on ne peut pas ignorer qu’une exposition à 6 grays, n’est pas négligeable ! Et prétendre que le service est en sous effectif (ce qui est certainement vrai) ne justifie pas ces erreurs.

 Une réputation ou des vies ?

Comment peut-on prendre de tels risques avec la santé des personnes en cachant la gravité de la situation et en n’intervenant pas pour soigner au plus tôt ces patients surirradiés par la faute de son propre service ?

Comment accepter que la directrice n’ait pas pris l’initiative d’aller plus haut dans la hiérarchie pour alerter sur la situation ?

On apprend que les représentants de l’ARS, de la DDASS, du conseil d’administration ont préféré étouffer l’affaire et se protéger. Mais où est la responsabilité de ces dirigeants qui ont choisi de sacrifier des vies, plutôt que risquer la réputation de leur service. Pour leur défense, il faut espérer qu’ils ne connaissaient pas l’étendue des conséquences…

Bien sûr, que la révélation de ce surdosage aurait eu un impact néfaste, mais combien est-ce que cela pèse face à ces 450 vies ?

C’est de la maltraitance sur personnes fragilisées. Les malades remettent leur santé et leur vie entre les mains des médecins, parce qu’ils n’ont pas les moyens de contrôler ce qu’on leur impose.

Cette catastrophe prouve que le fonctionnement hospitalier est loin d’être aussi transparent qu’on veut bien le dire. La révélation de ce drame a déjà servi à durcir les obligations de contrôles et de sécurité des services de radiothérapie et à renforcer leurs équipes.

Il faut espérer que le procès marquera suffisamment les esprits pour que plus jamais des hommes et des femmes ne choisissent de se protéger plutôt que de porter secours aux victimes de leurs erreurs ! En attendant, 10 personnes sont décédées et 440 sont en souffrance ….

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