La misère n’est pas une tare, juste un accident trop fréquent !

B.Boulay 17 octobre 2012 0
La misère n’est pas une tare, juste un accident trop fréquent !

Ils connaissent la misère. Ils nous l’expliquent. Ils n’en veulent pas plus que nous, ça fait juste partie de leur quotidien ! Mais ils chantent l’espoir, peignent la nuance et croient en l’avenir.  Et si c’était vous ?

 

Plus de 8,6 M de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (964€) soit environ 13,5% de la population française. Beaucoup vivent avec moins de 500€.  Une vraie galère, parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer, ni leur nourriture, ni leur chauffage.

Tout devient un vrai casse tête et vivre ça tous les jours est terriblement usant. ! Pas de moyens, pas de mobilité, donc très peu de travail. Le cercle se referme et vous n’avez rien vu venir.

Le regard des autres

Pas de travail, vous devenez une famille « défavorisée ». Pour vous, plus de spectacles,  plus de loisirs ni de shopping, de toute manière que pouvez-vous acheter ?  Vous êtes en difficulté… tout est dit. Le regard des autres, la violence du non dit …  une vraie souffrance.

Pourtant, malgré le combat quotidien, ces personnes expriment par les techniques artistiques ce qu’elles ne peuvent plus dire. Elles déclinent leurs mots, parce qu’elles ont une puissance de vie incroyable et une humanité à fleur de peau. C’est cette façon d’être qu’elles partagent ce mercredi, journée nationale du refus de la misère. Un collectif regroupant des associations solidaires et la circonscription d’action sociale d’Epinal se sont mobilisés pour leur donner la parole.

RSA, la démarque

Une exposition présente le RSA (revenu de solidarité active), c’est à dire ce que vous touchez quand vous n’avez plus droit à rien.

Ils sont sept « passeurs » qui voulaient casser l’image des bénéficiaires assistés. Frédéric, Sylvie et Nathalie parlent de la honte d’être au RSA. « On a l’impression d‘avoir une pancarte sur le front. On n’ose plus sortir. On a l’impression que tout le monde vous regarde avec dédain. On a peur de l’avenir », expliquent-ils. Le RSA, ce n’est pas la gloire ! « Et on n’attend pas à ne rien faire », protestent-ils. Ils détaillent ce qu’il leur reste sur un billet de 100€, charges obligatoires déduites. « On ne choisit pas de toucher le RSA, c’est juste un moyen de survivre». Patrick, Philippe et Jean-Marie les rejoignent . Tous racontent « la trouille », « la solitude » et « la peur d’être jugé ».  Cette pression est une forme de violence !

jusqu’à ce que l’horizon s’éclaircisse

Ils ont très bien intégré que le RSA était un contrat. « une somme minimale contre l’obligation de faire le maximum pour en sortir ». Ils parlent de devoirs, de règles à accepter. Pas de doute le message est passé. Ils ne veulent pas être des consommateurs.

« Au début du projet, les professionnels étaient d’un coté et les bénéficiaires de l’autre », raconte Sylvie, et puis des relations s’établissent.. Ils font confiance. « Mais tout le monde n’est pas en état de travailler sur un projet, il faut parfois de l’aide médicale, psychique ». Petit à petit, l’horizon s’éclaircit. Patrick, un ancien forain qui a souhaité se stabiliser a rencontré Nathalie. Ils sont encore au RSA, mais ils ne sont plus seuls. Ils ont vécu des moments forts en créant cette exposition.

Une parole collective

« C’est une magnifique aventure », s’enthousiasme Sylvie, qui galère pour élever ses filles. Natacha n’était pas présente, mais elle n’a pas été oubliée. Ce travail collectif réalisé avec l’atelier d’insertion par la création manuelle et la troupe Gaine d’humour, ils le portent comme un trophée et sont fiers qu’elle tourne et porte leur parole sur différents sites.

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