Les salariés de l’ADMR des Vosges en grève

B.Boulay 22 octobre 2012 0
Les salariés de l’ADMR des Vosges en grève

Ils étaient 42 agents à marquer leur ras-le bol devant les locaux de la fédération de l’ADMR des Vosges à Epinal. A  la une des revendications, les versements en cas de maladie, les kilomètres non remboursés et le non respect de la convention collective.

 

Elles viennent de diverses unions locales, mais toutes expriment leur saturation. « Il y a 10 ans, remarque Karine. Quand on s’exprimait, c’était pour dire combien on aimait notre métier. Aujourd’hui, on lutte pour ne pas l’abandonner. L’organisation devient pesante. Le cumul des dysfonctionnements devient insupportable. On a envie de changer de métier. Il y a beaucoup de dépression chez nous ». Le moral est en berne, la fatigue s’installe et les personnes aidées sont de plus en plus exigeantes.

Un cumul des dysfonctionnements

« Pour compenser ce stress, il faudrait une organisation optimale et ce n’est pas le cas, renchérit Sylvie. On passe beaucoup de temps dans la voiture parce qu’on a des trous dans le planning et pas le temps de rentrer chez soi entre deux soins. Le dimanche, pour 1/4h de prestation, je fais 38 km »

Elles dénoncent une mauvaise gestion des ressources humaines et constatent que quelle que soit l’Union locale, le problème se pose de la même manière. « On a tous le même ressenti, un véritable ras-le-bol ».

En Mars, elles ont créé la section CGT aide à domicile. 100 agents sur 1300 ont adhéré.

Complémentaires pas payées

Ce lundi matin, ce sont les questions de santé qui coincent. « Ca ne s’améliore pas, constate Michel Thomasini, UDCGT. Tous les jours sur la messagerie, on a des agents qui appellent pour des problèmes de complémentaires pas payées ».

Ils demandent la subrogation. C’est à dire que l’employeur paye le salaire en cas d’arrêt maladie et qu’il se fasse rembourser. « Il semblerait qu’elle soit déjà appliquée pour certaines unions locales », conteste Michel Tomasini. Il cite le cas d’agents qui n’ont pas reçu le complément de salaire auquel ils avaient droit et pour lequel l’organisme payeur n’a reçu aucune demande. «  Où est ce dossier ? » interroge le syndicaliste.

Non respect de la convention

Autre revendication, les kilomètres,  quand la prestation dure moins d’1/2h, ils ne sont pas payés. Il semblerait que ce soit un usage et que l’employeur ne l’applique plus depuis le changement de convention. « L’employeur a le droit de dénoncer un usage, mais il doit le faire dans les règles ».

Enfin, les manifestants dénoncent le non respect de la convention que ce soit par rapport aux termes du contrat ou dans les récupérations.

Le mouvement se durcit. « On perçoit un changement de mentalité. Le problème de gestion des ressources humaines perdure, mais les agents ne veulent plus subir. Il y a des droits et il faut les faire respecter. J’ai des dossiers où les heures non payées se montent à 22000€ ! Il y a des agents qui ont travaillé 4 semaines de suite sans avoir les deux jours de congés obligatoires ».

Une unité, un comité d’entreprises

Les agents ont décidé d’aller encore plus loin. Ils défendent que l’ADMR des Vosges est une unité économique et sociale. Le syndicat va déposer un dossier auprès du tribunal des prud’hommes pour faire reconnaître ce statut qui leur permettrait de créer un comité d’entreprise, de défendre leurs droits et d’accéder aux comptes.

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