Métiers d’art – Le papier en liesse !

B.Boulay 7 avril 2013 0
Métiers d’art – Le papier en liesse !

Pour ces journées des métiers d’art, l’imagerie réunit les artisans spécialistes du papier : Marbrure, gravure, origami, objets déco, calligraphie, relieur et céramique papier travaillent pour vous ce week-end. Tour d’horizon.

Marbrure

A l’entrée, Zeynep Uysal Kog est en pleine action. Elle est marbreuse.

Dans un bac, elle met un mélange d’épaississant naturel (des extraits de sève de plante séchée ou de mousse) et de l’eau. Ces épaississants empêchent la peinture de se mélanger à l’eau et permettent une bonne adhérence de la peinture sur le papier. Elle fait tomber quelques gouttes de peinture et avec un stylet et des pinceaux, elle l’étire et la manipule suivant le motif ou le dessin qu’elle veut obtenir. Puis elle pose sa feuille de papier sur cette réalisation et l’imprègne des couleurs déposées. Il ne reste qu’à faire sécher et tout ça avec un naturel déconcertant…

Des objets en papier Hanji

Dans la pièce suivante, Minju Kim réalise des objets décoratifs à partir de feuilles de carton et de papier Hanji (papier coréen fabriqué à la main à partir d’une pâte de Mûrier à papier). Elle dessine ses formes, construit son objet et le consolide à la colle. Puis, elle pose un papier blanc Hanji qui constitue la base, le consolide et le fait sécher. A partir de cette forme blanche, elle travaille la couche couleur et enfin, la couche décorative du motif à réaliser. Tout est découpé au scapel et cutter. Une fois l’objet fini, elle le vernit. Il faut compter une semaine pour faire un coffre. Plus le motif est traditionnel, plus le découpage des décorations est long. Elle obtient des reliefs en superposant des couches découpées et vernies. Elle travail des motifs traditionnels comme des créations plus contemporaines.

Anne-Marie Mugnier travaille la gravure. Elle ciselle longuement chaque détail des motifs à graver. A l’étage en dessous, Stéphane Alphonsi mêle la calligraphie aux lettres d’imprimerie, s’amusant du contraste entre les déliés des lettres dessinées et le carré rigide des lettres d’imprimerie.

L’origami, du simple au complexe

A l’autre bout de la table, Aurèle Duda a déposé ses modèles d’origami. Avec lui, cet art du pliage devient abominablement mathématique !  « Quand on construit une forme et qu’on plie le papier, il faut qu’il ait une certaine souplesse, qu’il ne soit pas trop épais, qu’il ne se déforme pas à l’humidité. Il faut aussi qu’on puisse plier et déplier sans casser la trame ». Avec toutes ses exigences, le papier classique ne convient pas. Il a donc mis au point sa recette de papier à base de chanvre et de fibre de bananier, qui a des fibres longues. Il le fait tremper avec de la colle, le compresse et le fait sécher environ 3h entre un buvard et un carton sous un poids.

Il a construit un « labo » portable, qui lui permet de faire son papier où qu’il soit.

Mathématiques et pliages

Son plaisir est d’imaginer mathématiquement les formes qu’il réalisera par pliage. « L’origami est un art très rigide, développe-t-il. On peut voir ça de manière mathématique ou émotionnelle. J’aime jouer sur cette ambiguïté de la complexité alliée à un matériau simple. Je cherche également à ajouter des éléments que je ne maîtrise pas entièrement. J’ai une idée de ce que ça va donner, mais je n’ai pas le résultat ». Autrement dit Aurèle duda se prend la tête pour ne pas pouvoir prévoir ce qu’il va réaliser. Il réalise « des classiques », mais cherche aussi des formes qui vont se placer dans l’espace sans qu’on puisse tout prévoir;

Il travaille du tout petit au très grand avec des feuilles de 3 à 6 m pour des décors de théâtre, des stands d’entreprises…

Porcelaine de papier

Nelly Martinelli fait de la céramique papier. Elle récupère des morceaux de porcelaine cassée, les dilue dans l’eau et fait tremper à coté du papier cellulose, puis elle dose un mélange des deux. Elle travaille alors la matière à la plaque ou à la poire pour faire des fils fins qu’elle place dans des moules. La première cuisson de l’objet se fait dans un four de potier à 1000°C. A cette température, le papier brûle et l’objet y gagne une finesse impossible à obtenir à partir de porcelaine pure. Elle peut ensuite émailler ou non ses objets et exécuter une 2e cuisson à 1280 °C. « C’est une technique qui permet de sortir du travail de poterie classique », explique-t-elle. Mais les objets sont à la fois assez résistants et délicats. C’est assez étonnant !

Tous ces artisans seront encore présents dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h et prêts à vous faire partager leur passion.

www.trameceramique.com

blog.hanjiro.fr

aureleduda.com

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