Paul de Montclos – « Vosges Terre textile prend son avenir en main ! »

B.Boulay 28 janvier 2017 0
Paul de Montclos – « Vosges Terre textile prend son avenir en main ! »

Paul de Montclos répond à la concurrence asiatique en créant un label Vosges Terre textile, une sorte d’AOC made in Vosges, qui valorise le Savoir faire de la filière et fédère les collaborateurs autour d’un engagement qualité. Aujourd’hui, la démarche convainc. Les Vosges font des adeptes et le 13 octobre, était lancé le label France Terre textile qui regroupe 5 territoires.

« Quand je suis arrivé en 1995, c’était pour fermer l’entreprise Garnier Thiebaut, mais on a eu un gros incendie. Quand j’ai vu ces hommes et ces femmes se battre pour sauver leur outil de travail, je me suis dit qu’il fallait tenter de sauver l’entreprise», raconte-t-il. Aujourd’hui, Garnier Thiébaut compte 220 salariés et représente 40M€ de Chiffre d’affaires. Un virage réussi en pariant sur la fabrication de petites séries et du haut de gamme.

La guerre des volumes était perdue

La mondialisation se faisait déjà sentir. « La guerre des volumes était perdue, mais tant que l’homme naitra nu, le textile vivra, plaisante le chef d’entreprise. On n’a pas de coton, pas de numérique, pas d’énergie, pas de route, pas d’avions, pas de train et un coût de main d’œuvre important, mais on a la chance d’avoir sur les Vosges, des entreprises de toute la filière, un savoir faire reconnu et une main d’œuvre travailleuse ».

Le faire Savoir

Ce savoir faire, il faut le faire connaître. « Les industriels avaient perdu la maîtrise de la communication. Il fallait activer cette culture de terroir », explique-t-il. Le label exige que 75% de la fabrication soit réalisée dans le massif des Vosges, avec des process respectueux de l’environnement. « Le label a permis que les entreprises se connaissent. Les collaborateurs sont fiers de ce qu’ils produisent. Ça change tout par rapport à leur engagement. Ça impulse une vraie dynamique ».

5 territoires France Terre Textile

Par exemple, on n’avait plus d’impression grande largeur, un industriel a décidé de relancer cette impression. Les besoins émergent et les industriels y répondent. Avant, on n’avait pas ce dialogue », analyse Paul de Montclos. L’Alsace, le Nord, Rhône-Alpes et l’Auvergne ont emboité le pas en rejoignant la démarche.

Les textiles intelligents et les petites séries

Le trio gagnant s’appuie sur la créativité avec les textiles intelligents, la  réactivité et les petites séries. « Le textile est une éponge. Il absorbe tous les savoir faire qui viennent d’autres techniques, remarque le chef d’entreprise. De textile industriel, on est devenu un textile de services. Il faut trouver ce qui va faciliter la vie de la ménagère, la nappe infroissable, antitaches … et on a aussi une forme d’ubérisation avec la location de linge ».

Être aussi prêt des clients que possible

Le label est un outil, mais il permet aux entreprises de se mobiliser ensemble pour avancer, collaborateurs, clients, fournisseurs et prestataires. Il constitue un réseau de ressources et d’intelligences. Sur les marchés de niche, il faut se développer à l’export. Avec un process de fabrication qui est relativement long, il faut créer des filiales pour être au plus près de ses clients et avoir un maximum de réactivité.

Ce sont les administrations qui tiennent le pays

Une entreprise dépend de plein de facteurs exogènes comme les variations du taux du dollar et ne peut pas savoir de quoi demain sera fait, mais elle peut être prête à s’adapter aux évolutions. « Je ne me retrouve pas dans les discours politiques. Mais les politiques ont beaucoup moins d’influence qu’ils ne le croient. Leur rôle est d’être un facilitateur. En France, ce sont les administrations qui tiennent le pays. C’est une force et une faiblesse ».

On a besoin de gens qui comprennent les enjeux !

« Mais c’est compliqué. En face, on a besoin de gens qui aient conscience des enjeux et qui s’engagent ! Ça fait 4 ans qu’on parle de la route du textile, qui passerait par les magasins d’usines des adhérents au label. Le projet était prêt, mais la région nous demande de le reprendre avec une extension sur le nouveau territoire. On n’a pas le temps. Total, on va abandonner. »

 

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