Saint-Amé – Internet, le clou(d) de pollution !

B.Boulay 26 février 2017 0
Saint-Amé – Internet, le clou(d) de pollution !

Pour son assemblée générale, Vosges nature environnement a choisi de débattre de l’impact du développement fulgurant d’Internet. Qu’y a-t-il derrière ces flux d’informations ? Le documentaire de Coline Tison et Laurent Lichtenstein mène l’enquête.

Quel impact énergétique et environnemental pour ces transports de données massifs ? Le film s’ouvre sur la naissance de Rebecca. « J’ai une identité réelle et une virtuelle ». Premières photos sur les réseaux sociaux et Faire part numérique. À 1 mois, Rebecca pèse déjà 1 Go ! C’est devenu tellement naturel qu’on ne se pose plus la question de ce qu’il faut pour que l’information circule aussi vite. Pour que ça fonctionne, il faut des infrastructures et de l’énergie, énormément d’énergie !

Une circulation au delà des mers

Les routes de l’information « sentent l’humidité et la poussière ». Les millions de kilomètres de fibre optique et de câbles par lesquels transitent les masses d’informations sont souvent enfouis sous terre, dans les égouts, des canalisations et autres tubes sous-marins. Votre mail quand vous appuyez sur la touche « envoyez » court le long des câbles vers des centre de quartier puis arrive au routeur. Il remonte jusqu’à l’hébergeur pour finir par parvenir aux Data Centers (centres de traitement) qui trient, stockent ou réorientent vos données. Notre mail a traversé la mer pour revenir … vers notre voisin !!!

Google consomme autant d’énergie que la ville de Bordeaux !

Un mail avec une pièce jointe, consomme l’équivalent en énergie d’1h d’éclairage d’une ampoule de basse tension, soit 24w/h. Sans pièce jointe, c’est 5w/h et il y a 10 milliards de mails par heure,  ça représente une consommation de 50 gigawatt/heure ! C’est 4000 Aller-retour Paris-New-York toutes les heures ! Google à lui tout seule consomme autant d’énergie que la ville de Bordeaux qui compte 242 945 habitants.

Un seul Data Center consomme autant d’énergie que 30 000 habitants

La chaleur dégagée dans ces Data Centers, du fait des ordinateurs qui tournent, peut faire passer la température de 22°C à 30°C. Il faut donc des climatiseurs pour rafraichir l’atmosphère. Ils représentent 40% de la facture électrique et consomment autant que l’énergie nécessaire pour refroidir un hôtel de 50 chambres. Un seul Data center consomme autant que 30 000 habitants !

Un volume de données qui double tous les 2 ans

Il faut à ces équipements une sécurité qui est de l’ordre de celle d’un hôpital ou d’un avion de transport. Donc, on double le stockage. C’est la redondance. Dans le monde, chaque minute, c’est cent vidéos déposées  et 2 millions de recherche sur Google. de plus en plus de données sont stockées dans le cloud (espace de stockage). Un volume de données qui double tous les 2 ans …

Alimentées au charbon

Aubervillers se rêve en méga pôle numérique avec 6 Data Centers installés dans des friches industrielles réqualifiées. L’Ile de france en compte 35 pour une consommation de 200 millions de watts/h.  Aux États-Unis, Google, Apple et Facebook sont installées en Caroline du Nord et alimentées par du charbon. Le nuage du Cloud devient très  polluant ! Ces 3 sociétés consomment 5% de l’énergie de la Caroline du Nord. Elles seraient les pires contributeurs au réchauffement climatique et l’exploitation du charbon décapite des montagne des Appalaches qui une fois le gisement épuisé deviennent des déserts où plus rien n’arrive à repousser.

Internet 6e pour la consommation d’énergie

La Force obscure de destruction de nos emails est interpellante ! La dématérialisation étant entrée dans les moeurs, on ne reviendra plus en arrière. Mais « Il y a plus de gens connectés que d’accès à l’énergie », ce qui pose un problème. Internet a la 6e place pour la consommation d’énergie, mais dans 5 ans, il est fort probable qu’il sera à la première ! Alors que faire ?

Informer le public

Gérer l’énergie de manière intelligente comme le suggère Jérémy Rifkin ? Mais les réseaux intelligents soulèvent d’autres questions. « Je ne crois pas que les solutions soient technologiques, analyse Pascal Corradini, président d’Épinal en transition, il va falloir informer le public, revoir nos modèles économiques et éduquer aux bonnes pratiques pour économiser le stockage qui n’est pas indispensable ». Peut-être faudra-t-il que ce stockage devienne payant pour être utilisé avec efficience ?

On se rend vulnérables

Internet va se développer plus vite que les économies possibles. « Tout passe par le web, constate une militante. Toutes nos données sont à la portée de ceux qui maîtrisent le système. On se rend vulnérable à toutes les dérives ». Comment se protéger ? « A chaque progrès, on s’enthousiasme sans voir venir les conséquences. C’est valable pour Internet comme pour la révolution industrielle« , soulève  un autre participant.

Ce monde virtuel qui dévore la planète

Reviennent dans le débat, l’addiction des jeunes et l’isolement du monde réel. « C’est affolant de voir que les élèves ne sont plus capables de passer 3/4h sans regarder leur téléphone« . Le monde virtuel occupe de plus en plus de place et consomme de plus en plus d’énergie. Les énergies alternatives ne pourront jamais remplacer le charbon et le nucléaire. Alors que sera la 3e révolution ? Une mutualisation poussée à l’échelle mondiale ? En amenant de manière implacable, une réalité parfois un peu à charge, ce documentaire nous met face à nos responsabilités. Il va falloir agir !

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