SCOT – Un territoire à énergie positive pour 2035, c’est possible !

B.Boulay 19 avril 2017 0
SCOT – Un territoire à énergie positive pour 2035, c’est possible !

L’objectif du SCOT est de devenir un territoire autonome. Pour l’Ademe, il est possible d’assurer la totalité de nos besoins par 100% d’énergies renouvelables en 2050, en jonglant avec plusieurs mix (éolien, photovoltaïque, hydraulique, géothermie) pour parvenir à diviser les gaz à effet de serre par 4 et en augmentant le stockage.

Le scénario imaginé par les intervenants pour 2050 commence par la sortie du nucléaire, pratiquer la sobriété énergétique, et installer  les productions énergétiques renouvelables. Ces 3 points doivent être menés de front. « La loi TEPCV prévoit que la part du nucléaire représente 50% de la production d’électricité d’ici 2050, c’est moins que ce qu’EDF avait prévu « , proteste Vincent Bertrand, maître de conférence à l’université de Lorraine.

On ne maîtrise pas le démantèlement des centrales nucléaires

« Il faut sortir du nucléaire. Le problème, c’est qu’on ne maîtrise pas la technique de démantèlement, poursuit le conférencier. On ne s’est jamais attaqué à la cuve de la centrale. Certains la bétonnent et l’enfouissent. Ça coûtera de 0,9 à 1,3 milliards par réacteur. La France en a 58. Le monde 380 et EDF propose d’arrêter tout en 2115 ! Pas question ! Mais ils n’ont provisionné que 350M€ par réacteur. Évidemment, il n’y a pas le compte ! Il faut prévoir 90 milliards voire plus. »

Sortir du nucléaire le plus vite possible

Le nucléaire représente aujourd’hui 75% de la consommation française, mais 7% de la consommation mondiale. « Le nouvel EPR, qui est bien mal parti (pièces défectueuses), ne ferait passer la performance que de 33% à 37% en diminuant tout de même les déchets de 10%. Son coût est passé de 3 milliards d’€ à 10. Ça représente 20 000 bus autonomes. Il ne faut pas oublier que les déchets longue durée que l’on veut enfouir à Bure durerait 100 millions d’années, c’est le temps des projections qui ont été faites. Il faut en sortir le plus vite possible d’autant plus qu’on en a l’opportunité« , insiste Vincent Bertrand.

Réinjecter l’énergie rejetée pour la réinjecter dans les process industriels

Pour les Vosges centrales, la moitié de la consommation est due au secteur industriel. Si les industries consommaient mieux, si elles récupéraient l’énergie qu’elle rejettent pour la réinjecter dans le process, ce serait un grand pas ! … Et il existe des solutions. Les machines ORC d’Enertime par exemple permettent de générer de l’électricité en valorisant la chaleur  générée par les procédés industriels tout en refroidissant ces fumées. 40 à 50% peuvent être récupérées et valorisées.

Le Danemark aux avant-postes

Le Danemark aux avant-postes de la transition énergétique. L’appropriation démocratique de la production électrique des éoliennes par les citoyens eux-mêmes au travers de coopératives et avec l’aide des municipalités, a été le levier de la montée en puissance des énergies renouvelables danoises. En 2014, le Danemark a produit près de 55% de son électricité à partir d’énergies renouvelables. Ses objectifs officiels visent à atteindre 50% d’électricité éolienne, 40% de réduction des émissions de CO2 en 2020, et d’éliminer totalement les énergies fossiles de la production de chaleur et d’électricité en 2035.

La Suède vise 100% d’énergies renouvelables en 2030

En 2015, la Suède est parvenue à couvrir 57 % de ses besoins en énergie grâce aux renouvelables, en plébiscitant notamment l’hydroélectricité et l’éolien.  Pays peu peuplé disposant de grandes étendues, il peut accueillir des parcs éoliens importants.« Les renouvelables, comme l’éolien développé à grande échelle en Suède, sont désormais meilleur marché que le nucléaire. Il est donc peu probable que de nouvelles centrales nucléaires viennent remplacer les anciennes une fois fermées ». L’objectif est du 100% Énergies renouvelable en 2030. Mais ils ont imposé il y a 10 ans les bâtiments à énergie positive.

Des centrales trigénération Bois ?

Le bois est une bonne ressource renouvelable dont on dispose dans les Vosges. La centrale de trigénération de Port Marianne à Montpellier unique en France, en illustre bien les potentialités. En valorisant biomasse, biogaz, chaleur perdue, géothermie et soleil, ce réseau urbain alimente, au total, plus d’un 1.3 million de m² de logements, bureaux, commerces, équipements publics sur 6 quartiers. Il est devenu le 1er moteur de développement des énergies renouvelables.

Autre exemple : un parc solaire dans les friches

On peut également utiliser les friches industrielles dont les communes ne savent plus que faire. Un exemple à Betheniville (51). La commune a installé un immense parc solaire de 21 000 panneaux photovoltaïques sur une superficie de 10 ha sur une l’ancienne distillerie. Le site bénéficiait de possibilités de raccordement proches. La centrale de 5,3 MWc pourra produire 5,5 GWh par an, pour fournir l’électricité à 4700 personnes et éviter le rejet de 1900T de CO2.

Coût du raccordement

Si le 100% énergies renouvelables est possible, quel est le coût de raccordement ? Il est de 80€/MWh pour l’éolien, de 50€ pour le nucléaire mais 120€ si on inclut le démantèlement des centrales, 20 à 30€ pour l’hydraulique et 70 à 100€ pour le thermique. On reproche souvent à L’éolien de n’exister que grâce à son fort subventionnement, mais il ne faut pas oublier que pour 1€ subventionné pour l’éolien, on a 5€ de subvention pour les énergies fossiles. « Abou Dabi a construit une ville tout solaire et arrive à un coût de raccordement de 20€/MWh« , cite en exemple le conférencier.

Une combinaison de systèmes renouvelables

On est capable de s’adapter avec de l’éolien, de l’hydraulique et du photovoltaïque. Le renouvelable permet une bonne prévisibilité. Le stockage pose encore quelques soucis mais les murs trombe (captage du soleil par une vitre posée devant le mur et chauffage par convection) sont une réponse au stockage. D’autres systèmes existent comme les ballons tampon à stratification, ou les batteries graphène, les biocarburants (colza par exemple) ou les algues.

Les algues absorbent le CO2

Les algocarburants ne concurrencent pas l’alimentation humaine. Leur exploitation est bien moins polluante et prend 20 à 30 fois moins de place. « Les algues se servent de l’énergie solaire et du CO2 alentour pour leur photosynthèse. Pendant leur croissance, les algues accumulent de la graisse. Et c’est à partir de cette graisse que le carburant est fabriqué ». En puisant dans le stock atmosphérique de CO2 et en supprimant notre dépendance aux énergies fossiles les algues promettent une révolution dans les 20 prochaines années.

Des enjeux géopolitiques

La durée de vie des éoliennes est en moyenne de 20 à 25 ans. Le démontage d’une éolienne revient à 70 K€. Le photovoltaïque a une durée de vie de 30 ans. Rien ne coûte aussi cher que le démantèlement des centrales. A la clé des énergies erenouvelables, il y a d’énormes enjeux politiques, mais pour le conférencier, les engagements pris sont tout à fait tenables et on a les moyens d’être au 100% énergies renouvelables d’ici 2035.

 

 






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