Seuil du Nol – Histoire d’eau … et les agriculteurs pompaient !!!

B.Boulay 26 juillet 2016 0
Seuil du Nol – Histoire d’eau … et les agriculteurs pompaient !!!

Agriculteurs et pêcheurs sont catastrophés ! La communauté de communes Terre de granite a décidé la suppression d’un premier barrage, celui du Nol au nom de la continuité écologique. Mais le niveau est trop bas pour irriguer le canal. Les bêtes ne peuvent plus s’abreuver, les prairies sont desséchées et les poissons ne se reproduisent plus ! C’est la cata ! 

« La communauté de communes Terre de Granit a entrepris de réaménager les berges et de restaurer les cours d’eau pour la continuité écologique »,  explique Daniel Perry délégué cantonal de la FDSEA. Mais les agriculteurs, les riverains et les associations de pêche sont d’accord, c’est un désastre ! Le canal est à sec comme ils l’avaient pressentis. Les bêtes peuvent s’y mettre à l’ombre, mais pas s’y abreuver et les prairies sèchent.

Enlever tout ce qui bloque le flux de l’eau

La continuité écologique, c’est la possibilité pour les poissons et les espèces animales de bien circuler dans un cours d’eau et  d’alimenter le transport fluide des sédiments. Donc, les barrages ou seuils empêchent cette fluidité. La communauté de communes a mandaté pour ces travaux, un bureau d’études messin spécialisé dans l’aménagement des territoires, l’Atelier des territoires, qui a programmé l’arasion de plusieurs seuils et barrages.

Expérimentation annoncée mais tronquée

Les agriculteurs n’ont pas été invités à la réflexion. En avril, ils ont fait connaitre leurs réticences aux élus et il avait été décidé d’expérimenter jusqu’à l’automne, le cours d’eau sans seuil et d’analyser l’impact de cette coupure d’alimentation au niveau du canal sur l’agriculture et l’environnement. Mais un mois plus tard, le seuil du Nol était arasé ! « Ce seuil, c’était juste de l’enrochement, ça ne posait pas de problèmes de franchissement pour les poissons, estiment les agriculteurs et les pêcheurs.

Le canal à sec et zones humides asséchées

« Le seuil servait à avoir un niveau d’eau un peu plus haut pour alimenter les petits cours d’eau rattachés. Aujourd’hui, l’eau s’écoule vers le sud et le canal est à sec comme c’était prévisible, regrettent les agriculteurs. La fertilité des prairies est menacée, les animaux ne peuvent plus s’abreuver et la reproduction des alevins va être perturbée. De l’autre coté du pont de Nol, c’est un site classé Natura 2000, où les zones humides sont protégées. Aujourd’hui, elles sont asséchées« .

Ce sera la crue de 90 tous les ans !

Les agriculteurs alertent les élus.  » Avant, les eaux pouvaient se répartir dans les prairies et les cours d’eau, mais maintenant, il n’y a plus rien pour arrêter le dévalement. Quand il y aura des grosses crues, l’eau dévalera vers les communes. Ce sera la crue de 90, tous les ans ! ». « Ils jouent aux apprentis sorciers ! s’inquiètent le président de l’association de pêche de Rupt-sur-Moselle, François Munier et Jean-François Scherlen, secrétaire du groupement d’intérêt piscicole de la Haute Moselle. Ils travaillent avec une idée de la nature qui leur vient d’une culture citadine et ils nous imposent leurs choix. Si c’est si bon pour les poissons, pourquoi les pêcheurs seraient-ils là ? ».

Une chaîne de l’eau

Agriculteurs de la FDSEA, Jeunes Agriculteurs, riverains et pêcheurs étaient là ce mardi matin pour faire une chaine de l’eau pour éteindre l’embrasement de leur colère. « On fait mécaniquement ce qui se faisait naturellement, expliquent-ils, on réalimente le canal ! Aujourd’hui, c’est une action symbolique, mais si on n’est pas entendu, on passera à l’action tout court ! ». Symboliquement, ils ont installé une pompe et des tuyaux pour transférer l’eau du cours d’eau vers le canal. Avis de tempête, les agriculteurs sont à l’eau !

 

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