Street Art Bové – Christophe Muller : « L’aventure dépasse les espérances ! »

B.Boulay 29 août 2016 0
Street Art Bové – Christophe Muller : « L’aventure dépasse les espérances ! »

C’est de Christophe Müller, PDG de l’entreprise Bové de Saint-Étienne-lès-Remiremont, qu’est parti le projet de Street Art. « C’était au départ un projet interne, explique-t-il. Je voulais offrir à quelques salariés, la possibilité d’exprimer leur créativité, leur sensibilité ».  La mayonnaise a tellement bien pris que c’est devenu une opération urbaine que les habitants se sont appropriées.

« Je suis passionné et au fond de moi, je ne trouvais pas ça satisfaisant d’exécuter simplement les commandes, explique le chef d’entreprise. J’ai voulu forcer un peu la main à mes collaborateurs pour qu’ils osent sortir du cadre et leur proposer une autre forme d’exercice, pour révéler la palette de leur sensibilité« .

Un projet qui décoiffe

Ils a fallu trouver un client et Épinal Habitat a bien voulu jouer le jeu, mais ils n’imaginaient pas ce qui allait émerger. Les 4 techniciens, le conducteur de travaux et les 2 artistes Vince et Sakew, ont passé quelques temps à cogiter, découper et colorier sur des projets. Mais Christophe Müller trouve les essais trop classiques, trop dans les normes, loin de ce qu’il espère, quand au fin fond des esquisses sort cette gigantesque vague. Son projet, il le tient ! Il accroche tout de suite. « Vous avez 1 journée et demi pour trouver comment le réaliser en une semaine ».

Nazaré, surfer sur la vague

Le défi est de taille. Tous s’y mettent. « Et là, il y a eu une vraie complémentarité ! Ce qui bloquait les artistes semblaient broutille pour les techniciens et vice versa. C’était la confrontation de 2 univers qui ne se croisent habituellement pas ! Quand j’ai présenté le projet, il y  a eu un froid. Les équipes d’Épinal Habitat ne s’attendaient pas à ça ! Le projet hors du cadre figuratif les effrayait. » Le projet a été baptisé « Nazaré », comme la célèbre vague portugaise de Nazaré, petit village de pêcheurs au nord de Lisbonne au Portugal. C’est dos tendu qu’Épinal Habitat a profité d’une réunion publique avec les habitants pour leur présenter le projet de fresque. Et là surprise ! L’accueil est enthousiaste et les habitants emballés.

Ça commente sec !

Sur une façade traitée pour l’isolation thermique, on ne peut pas mettre toutes les peintures. Il a fallu retravailler le projet avec les couleurs compatibles et les envisager sur la durée car les habitants voulaient garder leur façade. L’oeuvre prévue au départ comme une réalisation éphémère devenait une création durable. « 90% des gens ralentissaient en voiture ou s’arrêtaient pour suivre l’avancement du travail, d’autres lèvent le pouce pour manifester leur approbation ».

De la gaité et de la confiance

Les habitants ont tout de suite été pris par le projet. « Je suis dans le bleu, et toi dans le jaune. Moi je suis sans couleur ... ». « Vous remettez un peu de gaité, de couleurs et de confiance », ont commenté les plus fans. Et le chantier s’est mis à vivre. Les gens viennent suivre l’avancée, donnent leur avis. Ils racontent leur vie sur la quartier. « Il y a de belles tranches de vie et des moments inoubliables« , confirme le chef d’entreprise.

Les HLM, ce n’est pas ce que vous croyez

Une très belle aventure humaine pour tous, qui s’appuie sur la diversité des cultures, des sensibilités et des compétences. Les artistes ont découvert les contraintes et les possibilités du métier. Les techniciens ont été créatifs. Les habitants y ont vu de la modernité, de l’imaginaire, des couleurs et des talents. Tout simplement lme symbole ed la vie et s’ils rentrent le soir avec le sourire aux lèvres, fiers de leur immeuble, ça valait le coup. L’un d’eux l’a exprimé d’ailleurs : « Vous savez les HLM, ce ne sont pas ce que vous croyez. Je suis arrivé là après une faillite et il y a des gens cultivés dans ces immeubles, des gens au coeur sur la main, des gens capable d’apprécier une oeuvre ».

De la fierté

C’est un investissement, mais un investissement qui permet la rencontre, l’échange et qui met de la beauté dans la vie. « Objectif atteints à 200%, estime Christophe Müller. Je suis fier de mes collaborateurs ! ». Il manquait encore quelque chose : le nom et la signature. Ça y est tout y est ! La fresque restera jusque décembre puis se posera la question de la garder ou non.

http://www.actu88.fr/epinal-street-art-et-renovation-un-duo-qui-force-le-regard/

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