Taintrux – Quelle place pour l’agriculture dans notre société ?

B.Boulay 26 septembre 2017 0
Taintrux – Quelle place pour l’agriculture dans notre société ?

Les agriculteurs faisaient lundi dernier un point de situation avec Gérard Cherpion sur l’exploitation de Jean-François Bertrand. « L’agriculture est devenue un sport national ! déclare Jérôme Mathieu, président de la chambre d’agriculture, l’agriculture est une chance, il faut en faire une force pour son département ».

« Ce que nous vous demandons, c’est de nous consulter chaque fois que des mesures évoquées à l’Assemblée nous concerne », poursuit Jérôme Mathieu. Ce qui est en cause, c’est la place de l’agriculture dans notre société. A-t-elle encore une place sur les territoires ruraux ? ».

Parler « juste » de l’agriculture

« La contractualisation forcée » depuis 2 ans n’a pas eu les effets escomptés sur les prix de la viande et du lait et les agriculteurs s’interrogent : L’agriculture a -t-elle encore une place sur les territoire ruraux. Ils veulent être reconnus entant qu’aménageurs. « On a l’impression que seule l’agriculture est en danger, mais c’est toute la ruralité qui est remise en cause, remarque Jérôme Mathieu. On voudrait qu’on parle « juste » de l’agriculture, sans déformation des problématiques, sans les sortir de leur contexte ».

Comment faire sans glyphosate ?

Ils évoquent la surtransposition des contraintes qui se poursuit « alors que la Président s’était engagé à ce qu’il n’y en ait plus », mais se focalise sur le glyphosate. Ce produit pourrait être interdit à partir de décembre 2017 si son autorisation n’est pas renouvelée au niveau européen et des pays s’y opposent, persuadés que c’est un perturbateur endocrinien dangereux. Pour les agriculteurs réunis à Taintrux, c’est « l’outil » indispensable et rien ne vient confirmer la dangerosité de cette substance. Le prochain vote de la commission européenne aura lieu en octobre.

On devra passer 4 à 5 fois le tracteur …

Pas de molécule de remplacement connu, mais « Monsanto doit avoir quelque chose sous le manteau ». « Allons jusqu’au bout de la démarche, proteste Jérôme Mathieu, pour quelques morts évitées, on prend des mesures extrêmes mais nous aussi nous avons obligation de soigner nos animaux. En face, nous n’avons que des contraintes, mais plus d’outils pour y faire face ! Si le glyphosate est supprimé, on passera 4 à 5 fois le tracteur, quel sera le bilan carbone ? ».

On nous met des semelles de plomb

« Si la gastronomie française a une telle réputation, c’est parce que nos produits sont bons. On a tout pour gagner la course, mais on se met des semelles de plomb », regrette encore le président de la chambre d’agriculture. « On nous rabâche les oreilles avec les systèmes de transformation, de vente directe et de circuits courts. La transformation ça fonctionne dans des systèmes familiaux, c’est impossible quand on est tout seul. Les circuits courts, c’est une chance, mais pas la solution pour tous. Il faut que ce soit viable. 400 millions de litres produits pour 370 000 Vosgiens, ça ne colle pas ! Et ceux qui prônent la décroissance n’en ont pas mesuré l’impact ! Les pâtures ne seront plus entretenues avec les conséquences prévisibles sur le tourisme ».

On est dans l’incertitude

« Sur les premiers euros, on paye nos charges, sur les derniers, ce sont nos salaires. On ne vit pas de ce qu’on produit, on vit des compensations. Quand ils sont étranglés, les agriculteurs ne peuvent plus investir et ils finissent leur carrière de manière déplorable. Il faut permettre à ces personnes de sortir dignement du métier. 33% des agriculteurs de la 2e circonscription ont plus de 50 ans, un tiers du monde agricole ! Si on ne soutient pas cette agriculture, elle ne sera plus compétitive. On est dans une insécurité permanente. La Pac, c’est le chantier et on ne connait pas les prix d’achat du lait« .

Gare au loup !

Ils partent en guerre contre les sangliers qui ravagent 15 à 20% des cultures, contre le loup et les clôtures qu’on les oblige à poser. « Nous, on met des clôtures pour que nos animaux n’aillent pas ailleurs pas pour empêcher les prédateurs de dévorer nos bêtes ! Ce n’est pas à nous de payer ces équipements ! Si la société veut qu’on cohabite, qu’elle assume ! 9a n’émeut personnes de voir nos bêtes égorgées ! », s’enflamme Philippe Clément, président de la FDSEA. On ne va pas tolérer que le loup décime nos troupeaux ! S’il le faut, on fera notre police nous-mêmes ! Je n’ai pas d’état d’âme à ce niveau« .

Les agriculteurs réclament la possibilité de mettre en place un système de provisions financières, pour que les années fastes financent les années néfastes et permettre d’anticiper les aléas économiques. Ils déplorent que la BPI ne veuille pas garantir les restructurations des exploitations en difficulté, regrettent que le plan de soutien régional soit déplorable et avouent des difficultés à faire confiance à l’État parce que malgré les promesses, ils ne voient toujours rien venir !

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