Vittel-Contrexéville – Les agriculteurs occupent le rond-point

B.Boulay 5 février 2016 0
Vittel-Contrexéville – Les agriculteurs occupent le rond-point

Les agriculteurs des secteurs de Vittel, Bulgnéville, Chatenois, Lamarche, Monthureux, Darney et Neufchâteau ont installé un barrage filtrant au rond-point de Vittel-Contrexéville, « parce que c’est un endroit stratégique ». Ils ont distribué 1500 tracts pour expliquer le pourquoi de leurs actions. L’agriculture française est en péril !

Acheté 0,28 centimes du litre aux producteurs, le lait est vendu à 0,94€ au consommateur. Les éleveurs ne veulent plus être les seuls à trinquer ! Ils réclament un juste partage de la valeur ajoutée, parce qu’ils ont fait naître, nourri et élevé la vache qui va fournir ce lait. Le problème est le même pour la viande. « Il faut 2 ans pour produire de la viande bovine et seulement quelques heures pour la transformer », expliquent les agriculteurs, qui ont décidé d’être pédagogiques.

C’est parce qu’on est en train de mourir !

Sur 100€ de courses alimentaires, seulement 8€ leur revient. « Il faut le dire ! Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas pour les prendre en otage, mais bien parce qu’on est en train de mourir ». « 30% des exploitations vosgiennes auraient dû être en redressement en 2014, explique encore Jean-Paul Fontaine, président des Jeunes agriculteurs. Ce chiffre est passé à 40% six mois plus tard, ça montre l’étendue du problème ».

On est redevable aux générations passées et futures

« Même si la situation est désespérée, dans l’agriculture, on ne se déclare pas en faillite, poursuit-il, il y a le poids des générations passées qui se sont saignées pour nous faire une place et celui de ce qu’on devra un jour à nos enfants. Il y a une transmission du patrimoine et du Savoir-faire et ne pas y arriver, c’est l’échec, la honte … On est redevable aux générations passées et on doit apporter l’espoir aux générations futures« .

Écoeurés, exaspérés, amers …

« Il y a 20 ans, quand on manifestait, on le faisait sous la bannière des mercenaires des usines agroalimentaire, maintenant on est des esclaves des temps modernes« , s’insurge un agriculteur de Vittel. Ils se disent écoeurés, exaspérés, amers … Ils ne trouvent même plus d’adjectifs pour dire ce qu’ils ressentent. Surtout quand ils apprennent que des mesures (le projet de loi pour la compétitivité des exploitations agricoles) qui pouvaient faire avancer les choses, n’ont même pas été débattues à l’Assemblée nationale !

 Il y a le feu !

Une quarantaine de tracteurs étaient au rond-point et environ 200 agriculteurs. « Pour une action localisée, il y a du monde, c’est bien la preuve que la campagne est en feu…, conclut Jean-Paul Fontaine. Mais il faut rappeler que l’agriculture, c’est 14% des emplois nationaux, 10 milliards d’excédent et le 2e pilier après l’aéronautique de l’économie française, alors si on meurt, on peut imaginer le désastre…« 

 

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