Agriculture – « Que ferez-vous pour qu’on vive de notre travail ? »

B.Boulay 14 juin 2017 0
Agriculture – « Que ferez-vous pour qu’on vive de notre travail ? »

C’est au tour des agriculteurs d’interpeller les candidats ce mardi. Le changement, c’est quand ? Que ferez-vous pour qu’on puisse vivre de notre travail ?

Après un petit film très dynamique, qui prouve qu’on peut tourner les pages à l’envers pour revenir au bon sens, la parole est aux candidats. « Les ruraux ont eu l’impression d’être abandonnés. 30% des agriculteurs ont moins de 359€ pour vivre. ON a besoin d' »hommes politiques capables de nous soutenir. Quelles solutions nous proposez-vous ? » lance Philippe Clément en ouverture du débat. Chaque candidat à 7 minutes pour convaincre avant un débat plus libre.

Je serai proche de vous

Ce n’est pas en 7mn qu’on refait le monde, mais il fallait faire avec ! Christophe Naegelen, candidat de Droite et Centre sur la 3e circonscription a promis de défendre l’agriculture de montagne. « Je serai proche de vous en paroles mais aussi en actes ! a-t-il plaidé. Je ne tomberai pas dans la facilité de vous demander d’investir les circuits courts », mais pourtant, il veut accompagner la grande distribution vers des produits de proximité et encourager la restauration à privilégier les produits français et locaux.

Je choisis les éleveurs !

« Plus de surtransposition de normes, défend-il. La-dessus, il est rejoint par tous les candidats. Trop de normes, trop de contraintes, trop compliqué ! Tous en conviennent. »J’obtiendrai des compensations pour les handicaps  du secteur montagne. Enfin, entre loup et éleveurs, je choisis les éleveurs ! ». Exceptée Alisson Hamelin, candidate En marche pour la 1ère circonscription, qui ne s’est pas prononcée, tous lui emboitent le pas. »25 millions d’€ entre la protection et les pertes pour une bestiole, ça fait chère la bestiole !« , commente Jean-Jacques Gaultier, candidat de la droite pour la 4e circonscription.

Go pour le développement durable, un passage obligé

Alisson Hamelin est plus ferme sur le développement durable : « Il va falloir se passer de pesticides, c’est un passage obligé et penser à l’agriculture du futur« . Elle défend la méthanisation, l’agrotourisme et le développement numérique et promet de bien s’entourer pour gérer ces problématiques qu’elle avoue ne pas parfaitement maîtriser. Par contre, une chose est sûre, le travail doit être rémunéré à sa juste valeur !

Il faut penser local !

« Je propose également d’être la marraine des jeunes agriculteurs qui s’installent, de travailler sur le bio dans les cantines et la restauration. Il faut penser local ! même si on ne revient pas en arrière pour la mondialisation des marchés« . Elle propose des plans territoriaux pour rapprocher les distributeurs des producteurs.

1€ pour la ville, 1€ pour la campagne

« Traiter l’agriculture, c’est aborder la ruralité, enchaîne Jean-Jacques Gaultier. Les territoires ruraux ont été abandonnés. On manque de train, de services, de professionnels de santé … Il faudra revoir l’aménagement du territoire. Pour 1€ investi en ville, il faut 1€ pour la campagne. La France, ce n’est pas que les métropoles !

Des prix qui ne baissent pas … sauf pour les agriculteurs !

La filière agricole est une filière d’excellence qui vous garantit une alimentation et une traçabilité. Toutes les filières agricoles sont dans le rouge. La loi de modernisation de l’économie devait faire baisser les prix pour le consommateur, ils n’ont pas bougé ! Abrogeons par ordonnance les normes sur la valeur ajoutée ».

L’aménagement du territoire, une priorité

« Vous avez une ambition, vous nous avez tracé une feuille de route, je ne vois pas pourquoi je ne la signerai pas ! « affirme Stéphane Viry, majorité pour la France  sur la 1ère circonscription, qui dénonce cette France qui regarde l’avenir avec un regard d’urbain alors que 80% du territoire est rural. Il y a  forcément un décalage ! « Je placerai l’aménagement au coeur des priorités. Il faut aussi préparer le renouvellement des générations. Le passage à l’acte est difficile alors que la passion est là ! ».

Agir sur le partage de la valeur ajoutée

« Ce n’est pas normal de vivre avec moins de 400€ par mois ! Ce n’est pas le député qui fixe les prix, poursuit le candidat de la 1ère circonscription, mais il peut travailler sur le partage de la valeur ajoutée. On est un peuple qui a l’insurrection dans le sang. » « Ce n’est pas si facile qu’on veut nous le faire croire, modère Christian Franqueville, candidat de Gauche sur la 4e circonscription, mais je vous défendrai comme je l’ai toujours fait ».

Qu’on arrête de nous prendre pour des jambons !

« Il y en a assez de cette France qui dévisse, qui considère que tout se décide à Paris. L’exécutif a beaucoup trop de poids au détriment du parlement », pointe encore Stéphane Viry. Quelle qu’en soit la raison,  « qu’on arrête de nous prendre pour des jambons et de se faire de l’argent sur notre dos. Quand on est contrôlé et qu’on prend une pénalité, on n’attend pas 2 ans pour nous faire payer. Pourquoi l’État ne s’applique-t-il pas cette même célérité pour la PAC ? », conclut Philippe Clément. « Rien de bien nouveau sous le soleil … » laissent tomber des participants désabusés.

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