Thierry Bourlette, de la route aux champs !

B.Boulay 9 mars 2018 0
Thierry Bourlette, de la route aux champs !

Après avoir enchainé une série de  « boulots alimentaires », Thierry Bourlette, a voulu reprendre sa vie en main. Les problèmes de santé de sa fille, ont été le déclencheur. Plus question de partir toute la semaine sur les routes ! Il décide alors de faire le pas et reprend une formation pour créer son entreprise de maraîchage, le travail de cœur !

Thierry Bourlette commence sa vie professionnelle, sur une déception. Muni d’un CAP d’ébéniste, il ne trouve pas de travail. Une remise en cause de son orientation sur laquelle il ne veut pas s’attarder. Il lui faut gagner sa vie et les choix deviennent alimentaires. Il entre en usine et passe par différents postes de machiniste, magasinier, logistique … Des postes qui ne lui déplaisent pas, mais qu’il ne choisit pas vraiment. Comme beaucoup, il se fond dans la vie en usine, la camaraderie et la solidarité.

J’étais toujours « fourré » à la ferme voisine

Après une dizaine d’années de salaires, en 1992, il achète sa maison à Gruey-les-Surance. « Dès que j’avais un moment, j’allais à la ferme voisine, la ferme du Coucou, j’étais toujours fourré là-bas, raconte-t-il. Ce sont eux qui m’ont tout appris de la terre. Dès que j’ai pu, j’ai acheté 7 à 8 bovins et une vingtaine de moutons à moi.». Mais ça restait un hobby. La journée, le travail à l’usine, les soirs et les week-ends, la ferme et la terre …

Peur de retourner à l’école

« Je n’ai jamais eu envie de recommencer une formation agricole., poursuit-il. J’étais jeune, je voulais gagner ma vie et j’avais peur de « retourner à l’école ». Je ne m’en croyais pas capable ». Il poursuit son chemin au gré des opportunités et devient chauffeur routier. « J’aimais bien rouler, mais j’ai dû arrêter l’élevage parce que je n’étais plus assez présent. Je partais de plus en plus loin».

Le déclic

Et puis il y a sa fille. Avec sa maladie, la fillette doit aller à l’hôpital régulièrement et Thierry Bourlette n’accepte plus d’être sur les routes dans ces moments-là. Le bouleversement d’une remise en question en profondeur. Dans ses premières années, la priorité était de « vivre » et le métier avait peu d’importance. Ce qui comptait, c’était gagner sa vie correctement, avoir sa maison, un certain confort à offrir à sa famille. Mais la maladie de la fillette remet ces choix en cause. Il arrive à la cinquantaine. Il est temps d’oser faire ce qu’il aime.

C’est maintenant ou jamais !

« Pourquoi ne pas se lancer et développer sa propre activité ? ».Les Vosges manquent de maraichers. Il dit Banco. Les vergers de sa voisine sont à vendre après le décès de son mari, il les rachète et fait un bilan de compétence, où l’exercice est la déclinaison de son projet. La maison est payée. Les risques maîtrisés, il prend une année sabbatique pour se donner le temps d’installer son entreprise.

Une formation de 8 mois

Se sentant un peu juste en connaissances, il entre en formation agricole en mars 2017 pour 8 mois, en productions Horticoles et Maraîchage biologique au CFPPA de Valdoie (90). C’est parti ! La semaine en formation, le week-end sur son exploitation. Mais avec la formation, il y a la motivation, la détermination, le vécu de l’usine et l’expérience acquise en bénévole à la ferme. Une maturité qui lui sert dans les choix à faire et les risques à prendre.

L’impression de vivre

Pour tester l’activité, il investit 5 000€ et plante 8000 pieds de fraisiers comme produit d’appel. Ce qui lui permet de faire une première Porte ouverte et cueillette à la ferme les 9 et 10 septembre 2017. Les week-ends, il prépare 1 ha de terrain pour la production 2018 en légumes et fruits bio. « Quand ça plait, on y est tôt le matin et tard le soir ». Il n’a pas l’impression de travailler, mais tout simplement de vivre !

Pas facile d’apprendre mais ça apporte beaucoup

« Le corps va très bien, commente Thierry Bourlette, et croiser les jeunes, ça donne la pêche. Mais en formation, on est avec des adultes en reconversion. On discute entre nous de nos projets, de nos expériences. C’est intéressant et ça crée une solidarité ! Ce n’est pas toujours facile de tout apprendre, parce qu’on n’a plus trop l’entrainement pour enregistrer des connaissances en un temps record, mais ça nous apporte beaucoup ».

« On apprend à être efficace »

Il apprend la sécurité, l’agronomie, l’impact des produits phytosanitaires, la transformation des produits … Il dévore tout avec fougue. Tout lui semble passionnant ! « On apprend des techniques maraichères, mais surtout à aller vite sans se fatiguer. Je peux planter 800 pieds de salades par heure au lieu d’y mettre la journée. On nous donne des éléments pour la gestion et le commercial ». La formation a du sens.

Le cerveau travaille jour et nuit

Il réfléchit sa stratégie au fur et à mesure de ses découvertes. Il compte enclencher une démarche de certification. Les idées fusent, il s’enthousiasme ; « C’est passionnant ! Le cerveau travaille jour et nuit ». Il combine passion et conviction car il croit dur comme fer, qu’une nourriture saine et les circuits courts sont l’avenir.

Le choix du coeur

L’expansion se poursuivra au cours des mois suivants autour de la fraiseraie, avec divers plants de légumes de « plein champs » ou sous serre. La ferme de La Massonne privilégiera les circuits courts et la vente directe pour être le plus près possible du consommateur. L’aventure se concrétise. Il y croit et prend plaisir à tout ce qu’il développe. Il a fait le choix du cœur !

Article en partenariat avec La Semaine : www.lasemaine.fr

Contact : lamassonne88240@gmail.com
06.95.78.12.53

http://www.actu88.fr/gruey-les-surance-la-ferme-de-la-massonne-ramene-sa-fraise/

 

 

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