BIHR, derniers sursauts …

B.Boulay 1 juillet 2013 0
BIHR, derniers sursauts …

On la croyait morte, mais la corderie a encore quelques soubresauts. Un des repreneurs a annoncé son intention de faire appel de la décision du tribunal de commerce du 25 juin, qui attribuait 3 machines à Halpack de Rambervillers. C’est le dernier espoir des salariés !

Rebondissement : on croyait la corderie enterrée, et comme le phénix, elle pourrait renaître de ses cendres …

Un projet qui a la préférence des salariés

Olivier Jacquemard, PDG de la société Mesnard  à Saumur avait un projet de reprise sur le site d’Uriménil. Il prévoyait de reprendre une trentaine de salariés au démarrage, puis de monter progressivement l’activité en puissance et de parvenir à avoir 90 à 120 salariés après 3 ans. Ce projet avait la préférence des représentants des salariés, de la CGT et des élus, mais son plan de financement n’était pas complet.

4 à 5 M€ à trouver

Il lui manquait 4 à 5 M€ de trésorerie et le tribunal de commerce n’a pas voulu attendre qu’il finalise son offre.

Aujourd’hui, des contacts sont pris avec Oséo, qu’Olivier Jacquemard doit rencontrer demain. Sandrine Anstett, commissaire au redressement productif pourrait l’aider à établir une demande d’aide auprès de fonds européens et des négociations sont en cours avec sa banque, pour tenter de résoudre ce besoin de fonds. Des solutions s’esquissent et laissent penser que tout n’est pas perdu.

Faire appel de la décision du tribunal

Olivier Jacquemard a confirmé aujourd’hui son intention de déposer un appel de la décision du tribunal (du 25 juin) possible dans les 10 jours.

« Si le dossier est solide, le procureur pourrait soutenir l’appel », confirment Denis Schnabel, secrétaire général CGT et Ralph Blindauer, avocat pour la CGT et les salariés. L’appel s’il est enregistré, sera jugé sur Nancy.

« Notre mot à dire »

« On pense qu’on a notre mot à dire, déclare Denis Schnabel. Le projet de la société Mesnard est celui d’un industriel qui a fait ses preuves. Il est le plus favorable pour l’activité et la reprise de salariés. Reprendre une société comme Bihr aujourd’hui, c’est comme redémarrer à zero. Il faut un capital important et c’est long à obtenir. Ce qui explique qu’il ait fallu plus de 6 mois pour un dossier finalisé. Mais même si les repreneurs arrivent tard, ils ne sont pas à négliger !« 

La société Mesnard est une corderie qui se fournissait à 95% chez BIHR. L’idée serait donc de fabriquer sa matière première ici à Uriménil.

Aider les repreneurs

« Au début, les repreneurs potentiels avaient entendu dire que l’outil de production n’était plus en état et personne ne s’est intéressé à l’usine, explique Eric Garion, maire d’Uriménil. Ce n’est qu’après une visite sur place que deux d’entre eux ont pensé que c’était jouable. Nous avons aidé les repreneurs à trouver des aides possibles, à voir comment ils pouvaient ne pas porter toute la charge du bâtiment ou renégocier avec ERDF le coût de l’énergie. Mais nous ne pouvons rien faire contre une décision de justice »

Mobilisez-vous !

La cinquantaine de salariés présente est de nouveau à l’affût du moindre espoir, stimulés par la CGT et l’avocat : « On a tous envie que ça reparte, il faudra être mobilisés ! Pour avoir une chance que la décision soit revue, il faudra que vous montriez que vous soutenez ce projet. Que vous avez toujours voulu travailler et que vous n’êtes pas des moutons ! » concluent-ils, surtout que la société Halpack de Rambervillers risque de réagir.

 

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