Ces Vosgiens qui comptent – Éric Mathieu, la cordée de l’innovation

B.Boulay 16 décembre 2014 0
Ces Vosgiens qui comptent – Éric Mathieu, la cordée de l’innovation

Éric Mathieu, PDG de Xilopix, avoue avoir découvert la Lorraine, grâce a la société. Mais l’éco système du numérique l’a convaincu d’y rester. Xilopix a fait le pari de l’innovation et les fondateurs, Éric Mathieu et Cyril March ont l’intention de vivre cette aventure à partir des Vosges. Portraits en partenariat avec La Semaine de Nancy et Metz (www.lasemaine.fr)

« Au départ, raconte Éric Mathieu, la société devait s’installer à Nancy, où sont regroupés les laboratoires de recherche et les universités, CNRS, INRA, ATILF, LORIA qui concentrent la recherche en informatique et numérique. L’émergence du Pôle image et d’un futur cluster Image et numérique étaient attractifs ».

Un vrai pied de nez jouissif

Après les conditions d’accueil de la communauté d’agglomération, la liaison TGV (un peu juste en pratique, elle gagnerait à être développée), le fait que ce soit une ville avec des spécialités universitaires, et assez vivante, ont pesé dans la décision. Autre question clé, peut-on recruter dans la région ? La réponse est oui ! Donc mener une aventure de l’innovation à Épinal, le pied de nez était plus grand encore et assez jouissif !

A Paris, on serait 12, on va être 35

La greffe a prise. Cyril March et Éric Mathieu se sont plu dans les Vosges et leurs collaborateurs aussi. Partis à 4, ils sont 25 et bientôt 37 quand les recrutements seront terminés. « A Paris, on serait 12 avec des technologies moins ambitieuses ».

Une vraie stratégie de reconquête

« Il y a 3 ans, quand nous nous sommes installés, on sentait que la ville avait touché le fond et qu’elle donnait un grand coup de pied pour émerger avec de grands paris comme le Multiplexe, la BMI, La salle de musique actuelle, le golf…  Un vrai pari d’avenir pour les générations qui viennent. On arrivait à un moment où il y avait une vraie stratégie de reconquête ».

L’Audace a du génie

Épinal est une ville attractive, pas chère, dans la nature avec une vraie qualité de vie. « On fait le grand écart entre Paris et ici ». Installés à la Maison romaine, ils sont décidés à écrire une histoire du futur ! « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie », une citation de Johann Wolfgang Von Goethe qu’Éric Mathieu reprend à son compte.

Une forte composante innovation

Une aventure complexe. « On s’est lancé dans quelque chose de lourd avec une forte composante innovation, qui demande de la matière grise. C’est très incertain, mais particulièrement excitant ! Et ça n’a jamais été aussi prometteur … » Éric Mathieu risque l’ascension, mais il est assuré ! Baroudeur solitaire, il a parcouru des pays sac au dos, vulnérable mais libre et ouvert aux rencontres.

Ambitieux et humble

« Il faut être ambitieux mais humble dans la tâche, confie-t-il. On apprend beaucoup de l’échec. Je m’implique dans la mise en place de ce Pôle numérique qui est plutôt bien soutenu par les volontés politiques et je tente de créer de l’activité économique. »

Un pôle numérique

Eric Mathieu annonce avant la fin de l’année la concrétisation d’un Pôle numérique qui aura un statut associatif, un conseil d’administration formé de 4 collèges de représentants. Il sera doté d’un budget et aura son chargé d’affaires.

Rayonner au delà de la région

« Avec de tels projets, on fait rayonner les Vosges bien au delà de la région. L’idée est d’attirer 50 à 60 entreprises innovantes qui travaillent avec la trentaine d’acteurs de l’enseignement supérieur. Mais il faudra aussi améliorer l’accès à l’Alsace pour une réelle ouverture et augmenter les fréquences du TGV sur Paris ».

Que la mariée soit belle

Le fait d’être en région permet d’avoir une politique sociale forte avec une mutuelle remboursée à 90% par l’entreprise, un accueil avec café et corbeille de fruits, des chèques restaurant… « Il faut que la mariée soit belle pour attirer les talents ». L’innovation demande des cerveaux, donc parier sur l’aventure humaine et le bien–être des hommes et des femmes est gagnant. D’ailleurs, chez Xilopix, les salariés deviennent des associés après un an d’ancienneté.

Une cordée qui convainc

Eric Mathieu privilégie l’innovation, les compétences et la diversité et pour l’instant, ça lui réussit plutôt bien, même s’il n’oublie pas que l’équilibre est fragile. C’est une cordée qui avance et prend des risques mesurés. Et aujourd’hui , elle convainc !

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