Chasse – De grosses inquiétudes face à la nouvelle loi d’avenir et à la réforme territoriale

B.Boulay 28 avril 2015 0
Chasse – De grosses inquiétudes face à la nouvelle loi d’avenir et à la réforme territoriale

La salle de la Rotonde était pleine samedi pour l’Assemblée générale des chasseurs vosgiens. Au programme, les interrogations sur l’impact de la loi d’avenir agricole et forestier et de la réforme territoriale. Les chasseurs pourront-ils toujours gérer l’équilibre des populations de gibiers dans cette nouvelle organisation ? « Ça devient de plus en plus complexe », déplore le président de la fédération des Vosges, Gérard Mathieu.

La loi d’avenir exige la compatibilité du schéma départemental cynégétique, qui définit les actions à mettre en place pour la régulation des populations et des espèces avec le programme régional de gestion de la forêt.

Que les schémas cynégétiques soient compatibles avec la gestion de la forêt

« Mais si les forestiers veulent expérimenter une nouvelle espèce, parce qu’il y a des subventions européennes à l’appui, ils ne voient l’impact de leur politique de gestion que 15 à 20 ans plus tard. Pour la faune, le déséquilibre arrive bien avant ! », objecte le président de la Fédération de chasse des Vosges.Il trouvait plus simple d’appliquer un schéma cynégétique conçu par les chasseurs avec les autres partenaires. « L’empilement de plans et programmes devient bien compliqué ! ».

Responsabilité démesurée

Les chasseurs craignent également qu’on leur fasse porter le chapeau en cas de maladie de la faune. Est-ce le gibier sauvage qui vient contaminer les animaux d’élevage ou l’inverse ? Les chasseurs risquent d’être les premiers mis en cause. Quant à la biodiversité, ils ont l’impression que c’est pour les écologistes, le prétexte à limiter les espaces de chasse et à réglementer toujours plus.

Plus de chasse à la glu et la vénerie sous terre encadrée

Les députés ont adopté le 26 juin2014, un amendement pour interdire la chasse à la glu. Ce mode de chasse traditionnelle consiste à capturer les grives à l’aide de tiges de bois enduites de glu. Les écologistes le juge néfaste pour la biodiversité. La vénerie sous terre vient d’être également réglementée. Cette chasse consiste à capturer renards et blaireaux dans leur terrier. Si les chiens parviennent à acculer le gibier, les hommes creusent pour capturer l’animal au fond du terrier.

Les lobbys anti chasse à l’oeuvre

« Les lobbys anti chasse sont à l’oeuvre. On va bientôt nous supprimer la chasse à cour ou la chasse à l’appelant (canard ou pigeon qui attire les volailles sauvages), s’insurge encore Gérard Mathieu. Je suis inquiet pour les chasseurs, avant les chasseurs ! Même quand nous sommes présents dans les instances, nous n’avons que des voix consultatives et nous ne pesons pas grands chose face aux dossiers techniques ! C’est le système qui ne nous convient plus, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, conclut-il. Les chasseurs sont prêts à partager la nature mais si on leur interdit de chasser, ça va être la révolution ! ». Dans les Vosges, ils sont 7000 chasseurs.

Une société sans chasse, c’est inimaginable !

« Une société sans chasse, c’est inimaginable ! assure François Vannson, président du Conseil départemental. Vous êtes là pour l’équilibre des populations de gibiers, point barre ! ». La chasse est une terre de rencontres. Il plaide pour une chasse populaire, où les jeunes sont encadrés, « parce que c’est avec eux qu’on construira la chasse de demain. « .

Aussi un enjeu économique

« La chasse est une passion, mais c’est aussi un enjeu économique, renchérit Michel Heinrich, et je salue votre sens des responsabilités. Entre des écologistes extrêmistes et des chasseurs responsables, je n’ai pas de mal à choisir ! Pour la loi d’avenir agricole et forestier, les chasseurs ne s’en sortent pas mal. C’est plutôt sur le volet santé animal qu’ils pourraient se rebeller. Avec le statut juridique de l’animal, on a mis le doigt sur quelque chose de délicat« .

Trouver des compromis

« Ces difficultés entre chasseurs et forestiers, je les entends, conclut le préfet, Jean-Pierre Cazenave-Lecrouts. Il faudra trouver des compromis et résoudre les déséquilibres agroécologiques ».

Médailles

Médaille Or : Louis Lacote, Raymond Jacquel, Yvan Bove

Médailles d’argent : Gilbert Colin, Daniel Blanck, Louis Gavazzi, Jean-Marie Aubry, Bernard Lagarde, Corinne Barnet

Médailles de bronze : Raymond Létang, Michel Magnac, François Kohler, Christian Houot, Martial Petitgenet

 

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