Collectif des Sans papiers – « On ne les laissera pas partir ! »

B.Boulay 25 juillet 2016 0
Collectif des Sans papiers – « On ne les laissera pas partir ! »

Ils étaient environ 45 malgré les vacances, à protester contre l’expulsion de Azra et Alen, 2 jeunes qui parlent bien le français, bien intégrés et qui ont leur famille à Épinal. Que feraient-ils seul à l’aéroport du Monténégro ? « C’est inhumain ! », proteste le Collectif qui a improvisé une nouvelle pétition et la déposera chez le préfet.

Ces 2 jeunes jugés par les enseignants de l’EREA parfaitement intégrés, motivés et dynamiques, ont reçu un billet d’avion pour le Montégnegro. Ils devraient être mis dans l’avion à 14h30. Évidemment, ils n’y seront pas ! Ils se cachent pour ne pas être contraints de repartir dans un pays avec lequel ils n’ont plus aucune attache familiale. Ils veulent rester à Épinal et Épinal est prête à les accueillir.

C’est toujours un drame de voir un élève obligé d’arrêter en plein cursus

Malgré les vacances, environ 45 personnes sont venues les défendre. « S’ils refusent de partir, on viendra les chercher par la contrainte », confirme Jean-Louis Didelot, porte-parole du Collectif des Sans papier.  » C’est toujours un drame de voir un élève être obligé d’arrêter en plein cursus  ! », commente un enseignement de l’EREA (établissement régional d’enseignement adapté). Alen est un élève sérieux, motivé, qui veut bien faire.« 

Un autre couple à la rue

Un couple, Ardjan et Lirije, a rejoint les protestataires avec leur sac. Ils sont arrivés depuis 2 mois. Ils ont fait leur demande de régularisation auprès de Metz, mais n’ont toujours pas d’hébergement. Ils sont à la rue au lieu d’être hébergés en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile). Le frère et sa femme ont pu être avoir un accueil parce qu’ils avaient un enfant. Ils arrivent tous d’Albanie, mais contrairement à son frère, Ardjan et Lirije ont laissé des empreintes à Dublin. Ce qui bloque leur régularisation en France.

Tout est compliqué, ubuesque, incohérent

« Sur 400 familles que l’on suit, 350 devraient avoir leurs papiers et sont assaillis par des complications administratives, précise Jean-Louis Didelot. 40 sont assignées à résidence. C’est à dire qu’ils doivent aller signer tous les jours au Commissariat de police mais même ça, ça devient compliqué. On leur demande des preuves qu’ils sont bien ce qu’ils prétendent ! On fait tout pour les décourager et qu’ils s’en aillent. »

La violence n’est pas que dans le terrorisme

« La violence n’est pas que dans le terrorisme, elle est aussi dans ce qui détruit les liens familiaux, dans le déni des droits de l’homme, dans cette administration qui leur impose une telle détresse, poursuit Jean-Louis Didelot en racontant quelques-uns des déboires et des combats qu’ils ont dû mener.  On ne les laissera pas partir ! On ne laissera pas la préfecture tranquille ! Que le préfet vienne expliquer devant tout le monde pourquoi il les oblige à partir ! C’est intolérable ! ».

Nous citoyens, nous voulons partager la planète !

Et de constater : « Même pendant les vacances, les gens se mobilisent. On a reçu des mails de soutien de personnes absentes. Les vacanciers sont avec nous ! C’est la preuve qu’il y a beaucoup de colère contre cet État qui exclue des pauvres, des démunis, des gens en pleine détresse. On ne choisit pas le pays où l’on nait, on ne choisit pas la guerre ou la domination de la mafia. Nous citoyens, on veut partager la planète et donner une place à chacun« . Une pétition sera remise au préfet.

Commentez l'article »