Filière bois – Du hêtre made in vosges pour la construction lorraine

B.Boulay 25 novembre 2014 0
Filière bois – Du hêtre made in vosges pour la construction lorraine

Hier à l’ENSTIB, un  colloque  mettait  sur la table des débats,« La filière bois feuillu en 2050 ». Professionnels, étudiants, chercheurs, entreprises, réfléchissaient au devenir et l’évolution de la filière du Bois Feuillu dans la construction bois et l’économie locale.

« En 2050, les énergies fossiles montreront leurs limites, pose comme préambule Pascal Triboulot, directeur de l’ENSTIB, qui a toujours cru dans le bois. La forêt et le bois constitueront une alternative crédible sur le créneau des matériaux de construction » . Mais aussi pour l’énergie et la chimie verte. Le bois est renouvelable, pousse en quantité suffisante dans les forêts locales. C’est également un isolant et il stocke le CO2, que demande le peuple ?

Terre de hêtre

Dans les Vosges, le Pays d’Épinal développe la filière autour du hêtre. Il a créé la marque « Terre de hêtre » et le CRITT Bois, a un projet qui travaille à renforcer la résistance, la dureté et la densification du bois de hêtre à l’humidité et au gel. Ce qui pourrait lui permettre de remplacer le bois exotique dans le mobilier et les agencements extérieurs.

Construire local avec du bois local

Jean-Luc Sandoz propose de répondre à la crise en utilisant les ressources locales, le hêtre et les feuillus, pour construire les bâtiments et équipements dont la Région a besoin. « 1 arbre sur 4 vient de Chine, c’est le N°1 du négoce du bois, 1 arbre sur 5 provient de l’Inde et 1 sur 6 du Brésil, s’enflamme-t-il. Ce sont nos bois qu’il faut valoriser« . Il cite l’exemple des microlames de hêtre produit par Pollmeier. « C’est ça qu’il faut faire en France ».

Un matériau stratégique

Le hêtre est supérieur en qualité et en résistance. Il est sensible à l’humidité.  Il faut avancer sur ce dernier point, mais c’est un matériau extrêmement stratégique. Jean-Luc Sandoz imagine uns organisation socio-économique simple, sans le monde de la finance. Dans le 1er cercle, il met les forestiers, ceux qui collectent les ressources naturelles, les entreprises de transformation et les consommateurs. Et il ajuste la production aux besoins.

Le bois représente 5% de la construction résidentiel

Dans un second cercle plus large, il place le département, la région, l’État, la fiscalité… « L’activité passe par le territoire et la richesse reste ici. On commence avec le logement social, les établissements qui reçoivent du public, les écoles… Le bois représente aujourd’hui 5% des immeubles résidentiels. Ce qui fait du potentiel de développement« .

Retrouver l’esprit gaulois

« Une PME donne 18% de charge à l’URSSAF, s’insurge-t-il, Conséquence, on implose et on arrive à une guerre civile. Il faut dire STOP à ce système, faire preuve d’une véritable volonté politique, retrouver l’esprit gaulois ! ».

Se réapproprier nos économies locales

Il prône une révolution innovante, où le bois prend toute sa place. « Il faut se réapproprier nos économies locales, en utilisant nos ressources et nos savoir-faire locaux. en offrant des bâtiments écologiques aux architectures contemporaines. Pas besoin de la finance et de tous ses excès désastreux ». Il parie sur l’économie circulaire, respectueuse de l’environnement, et 95% hêtre Made in Vosges.

ENSTIB : École nationale supérieure des technologies et industries du bois, CRITT : centre régional d’innovation et de transfert des technologies

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