Grès du Trias – Le collectif de l’eau tire la sonnette d’alarme !

B.Boulay 15 juin 2016 0
Grès du Trias – Le collectif de l’eau tire la sonnette d’alarme !

Ce soir, le collectif de l’eau composé de Vosges Nature environnement, Oiseaux nature et Anti Cor, organisait une réunion publique pour informer les citoyens du problème de l’eau sur Vittel. Il y a un déficit de 1,5 million de m3/an et les entreprises augmentent encore leur prélèvement !

La nappe du GTI près de Vittel perd 30cm/an. « Dès 2000, on connaissait le problème, on a commencé à chercher des solutions à partir de 2008. On est en 2016 et le déficit s’aggrave. On peut s’interroger : A qui profite la lenteur ? », remarque Jean-François Fleck, Vosges Nature Environnement. La commission locale de l’eau propose de prélever chaque année les 1,3 million de m3 manquants dans d’autres captages. Solution qui ne satisfait pas le collectif.

Encore plus pour Nestlé et l’Ermitage

Les entreprises ne sont pas impliquées dans l’effort d’économie d’eau, alors qu’elles en sont les plus gros consommateurs (47% des prélèvements). Pour préserver les emplois, Nestlé Waters et l’Ermitage ont obtenu l’autorisation d’augmenter les prélèvements au détriment de la loi du 30 juin 2008, qui dit clairement que s’il y a un déficit récurrent, les acteurs doivent tout mettre en place pour que les prélèvements puissent être diminués.

Des économies concentrées sur les populations

Les efforts d’économie par conséquent vont être reportés sur les collectivités et les populations. Ce que le Collectif ne cautionne pas non plus. Pour eux, il y a d’autres alternatives plus justes. Ces économies que l’on imposerait aux populations, atteindront au maximum 150 à 200 000 m3 (sur 1,5 million de m3). La Commission de l’eau préconise d’amener le complément d’eau nécessaire, d’autres captages, mais aucune étude d’impact n’a pour l’instant été rendue. On ne connait donc pas les conséquences de ces transferts.

Il faudra dépolluer l’eau des autres captages

« D’ici 2030, on aura une baisse d’étiage des rivières avec l’impact qui s’en suivra sur les zones humides et les écosystèmes et la concentration en éléments chimiques sera renforcée« ,  alerte encore Jean-François Fleck. L’eau des zones de la Chavée et du Puits de la Roche pressentie est polluée par des pesticides, des nitrates, des sulfates et du bore. Plus profond, c’est de l’arsenic et du fer qu’il faudra enlever. « Nous allons payer pour traiter cette eau et la rendre potable. Le coût de l’eau passerait d’après les estimations à 59€/habitant/an ».

Que les entreprises contribuent au transfert d’eau

Le Collectif de l’eau pointe dans ce système plusieurs points difficilement acceptables. Premièrement, la courbe des emplois est inversement proportionnelle à celle du nombre de m3 d’eau vendus par Nestlé Waters et Nestlé annonce ouvertement que son objectif est d’atteindre . « Plus Nestlé vend, plus elle fait de chiffre d’affaires et plus les emplois diminuent. Ils sont passés de 4500 à 900. 200 emplois devraient encore disparaitre. Donc au vu de cette réalité, Nestlé pourrait participer au financement du transfert d’eau« .

L’eau, « une denrée qui a une valeur marchande »

« Tous les grands groupes fonctionnent comme ça avec un chantage à l’emploi, mais avec l’automatisation, les emplois ne font que diminuer », remarque Dominique Humbert, dénonçant ces prédateurs qui ici comme dans d’autres pays mettent la main sur la ressource en eau. »Ressource que le Pdg de Nestlé lui-même considère comme une valeur marchande comme les autres », complète Jean-François Fleck. Il pourrait être proposé à Nestlé de ne prélever que 500 000m3 de l’eau mise en bouteilles, et  que l’eau qui sert au process industriel soit prélevé dans d’autres captages.

Un conflit d’intérêts

Il semble que la Vigie de l’eau qui est chargée de prendre des décisions pour l’intérêt collectif ne puisse pas être indépendante,puisque cette association est liée à la Ville et à Nestlé. La Vigie de l’eau qui porte le projet SAGE ( schéma d’aménagement et de gestion de l’eau) est financée par Nestlé. Son président, Bernard Pruvost, est aussi directeur R&D chez Nestlé et sa femme, Claudie Pruvost est présidente de la CLE au titre du Conseil Départemental, mais elle est aussi adjointe au maire de Vittel, directement bénéficiaire de l’activité Nestlé !

Trouver des compétences indépendantes

« Cette structure ne peut pas être neutre ! », dénonce Marcel Claude d’Anti Cor qui promet d’enquêter sur le sujet. Le conseil départemental reçoit le Collectif Eau début juillet. « Le conflit d’intérêt n’est pas un délit. Ça ne veut pas dire qu’il y a malhonnêteté, mais il faudrait placer d’autres personnes indépendantes à la tête de la Commission locale de l’eau ».

Dans les mains des citoyens

« Les décideurs suivent les pouvoirs économiques et nous restons dépendants, soulève un participant.  Soit on accompagne cette société, soit on se serre les coudes pour défendre autre chose. Ce soir, vous avez fait le constat de la situation, mais qu’en fait-on ? A chacun de prendre ses responsabilités mais moi je ne suis pas d’accord pour prendre de l’argent public pour payer le transfert et une fois traitées, que fait-on des boues arseniquées ? ». Affaire à suivre !

Circulaire du 30 juin 2008 pour la résorption des déficits en eau http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2010/08/cir_31709.pdf

 

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