Handivol – Ils ont plané !

B.Boulay 10 septembre 2012 0
Handivol – Ils ont plané !

Ce week-end, 60 personnes handicapées se sont prises pour Icare. Pour elles, le rêve sponsorisé par ERDF est devenu réalité. Elles ont volé en planeur ou en montgolfière. Hervé et Christophe sont prêts à recommencer tout de suite, si on leur en donne l’opportunité.

Hervé a un problème de hanche et Christophe est semi hémiplégique. Tous deux dépendent de l’APF, l’association des paralysés de France. Mais l’ADAPEI et l’AVSEA se sont jointes à l’opération.

C’est la première fois qu’ils tentaient le vol. Tous deux l’ont fait par curiosité pour voir ce que c’était et ils ne le regrettent pas !

Ils appréhendaient un peu l’aventure, la montée, la pression, le bruit. Ils avaient été briefés lundi sur les gestes et les consignes de sécurité. Un exercice nécessaire, mais qui rend l’expérience un peu plus angoissante.

Embarquement sans filet

Pas d’aménagement pour embarquer, il faut grimper, ou être porté. C’est peut-être le seul obstacle pour les personnes en fauteuil. Mais une fois bien installé dans la cabine derrière le pilote, ceinture attachée et casque sur la tête, l’aventure peut commencer.

« On ne ressent pas du tout la vitesse, ni l’altitude, témoigne Hervé. J’en ai été surpris. On voit qu’on est en hauteur, mais on n’a aucune sensation désagréable ». Christophe confirme qu’il n’y avait pas de bruit non plus, juste un petit sifflement. « Moi, j’ai été impressionné, quand le planeur a été lâché. On se dit qu’on est seul dans les airs. C’est un peu inquiétant, mais je m’étais fait beaucoup d’idées».

On se sent léger

A 900m, ils découvrent la ville du haut. « C’est doux, pas de secousses, c’est top ! ». Le paysage défile, mais il est difficile de se repérer. « Tout change de dimension. Ce n’est plus la même 3D. On ne distingue plus les reliefs et les repères habituels. Tout est à la fois plus large et plus serré », décrit Christophe. « Mais c’est du plaisir ! », insiste Hervé, presque sans mot pour décrire ce qu’il a ressenti.

« On se sent libre, poursuit Christophe. On oublie la sensation de pesanteur. On a une impression de flottement. On est léger. On est seul au monde. On oublie tout sauf cette sensation ».

Des pilotes au top

En tout cas, pas d’hésitation, s’ils en ont l’occasion, ils recommencent ! « Surtout que la 2e fois, il y aura moins d’appréhension et ce sera encore plus cool. On en profitera plus ! ». Mais ils reconnaissent que les tarifs sont un peu dissuasifs.

Tous deux louent la gentillesse et le professionnalisme des pilotes, qui se sont vraiment mis à leur portée.

Trois planeurs et trois montgolfières, dont l’une est équipée d’une nacelle spéciale pour personnes à mobilité réduite, ont tourné pendant deux jours et offert 1/2h de vol à des personnes qui ne croyaient pas y avoir accès un jour.

 

ADAPEI : association départementale des amis et parents de personnes présentant des déficit intellectuels, AVSEA : association vosgienne pour la sauvegarde de l’enfance, l’adolescence et des adultes

Commentez l'article »