Michel Fournier : Les Voivres, une commune expérimentale !

B.Boulay 10 décembre 2015 0
Michel Fournier  : Les Voivres, une commune expérimentale !

Michel Fournier est maire des Voivres, une commune qui bouge et qui en veut. Il est également président de l’Association des maires ruraux. Quelle est la problématique des communes rurales aujourd’hui à l’heure de la Grande région ? Quels enjeux ? Comment exister ? Et bien vivre ?

Il y a une clé incontournable pour ouvrir la boite de pandore dans le monde rural, c’est la couverture téléphonique et numérique ! « Si vous avez un réseau très haut débit, vous pouvez créer des conditions attractives », confie Michel Fournier, qui bataille pour l’obtenir. « Si vous êtes dans un rayon de 500m d’un relais, on vous considère comme étant couvert, mais ça ne marche pas souvent bien ! On ne peut pas parler d’égalité sur le territoire ! Ici, la couverture numérique est pleine de nids de poule ! ».

Les bienfaits d’une Com com

Aux Voivres, il y a l’Internet mais le débit est trop lent. Michel Fournier active son réseau, fait bouger ciel et terre pour être raccordé efficacement. Pour lui, le 2e atout, c’est une Com com (Communauté de communes) qui fonctionne. « Il y a toujours plus d’idées dans plusieurs têtes que dans une seule et on n’aurait jamais pu faire aux Voivres ce qu’on a fait sans la Com com ».

Qu’une idée en entraîne une autre

Il faut créer l’environnement qui facilite l’émergence des idées et accompagner les projets. « Nous ici, on essaie de trouver une réponse à toutes les demandes. On se connait, il y a de l’entraide, de la solidarité. On se serre les coudes. C’est plus facile de trouver des solutions en commun. Si on enlève des capacités d’imagination, des envies de faire, c’est mort ! Il faut au contraire qu’une idée en entraîne une autre et tout se met en place pour les concrétiser ».

Maintenant ils ne veulent plus partir !

Ce sont Les Voivres qui hébergent la couveuse du bois. Les In Bô, une équipe de jeunes ingénieurs sortis de l’Enstib, y sont installés et fabriquent leurs vélos au cadre de bambou, leurs lunettes en bois et leurs skateboards. « Au début, ils ont fait la tête quand on leur a dit que la couveuse était ici et maintenant, ils ne veulent plus la quitter, parce qu’on leur facilite la vie », remarque le maire, enthousiaste.

Des couveuses qui font des petits

Le paysage du futur se dessine avec 2 communautés d’agglomération, Épinal et Saint-Dié, qui vont peser, mais à l’Ouest, les regroupements n’en sont qu’à leurs balbutiements. « Ça ne va pas être simple », commente Michel fournier. En attendant, aux Voivres, il tisse sa toile. Il y a un projet de couveuse maraichère qui doit s’installer en janvier et la commune construit une magnifique couveuse pour 6 entreprises et des bureaux.

Des solutions pour tout

« On développe des qualités d’accueil et on prend l’habitude de trouver des solutions pour tout !« , s’amuse-t-il. Pour les services, il faut  renforcer les bourgs centre. Ici, c’est Xertigny et Bains-les-Bains. Mais le village retape une vieille ferme. Le conseil n’a pas encore déterminé à quoi ça va servir, peut-être un magasin produits du terroir ? Mais Michel Fournier n’est pas inquiet : « Des idées on en aura ! ».

C’est un état d’esprit qui fait boule de neige

Il veut consolider la couveuse de la filière bois parce qu’ici l’environnement est créatif et qu’autour, il y a tout ce qu’il faut pour décliner des projets novateurs. « On voudrait être un labo d’expérimentations. on fait confiance aux gens qui ont une idée et on met tout en place pour aboutir ! C’est un état d’esprit et ça fait boule de neige. Ça ouvre des réseaux et cette phosphorescence permanente impulse une dynamique « .  Ce n’est pas un hasard si c’est aux Voivres, qu’on trouve Hêtre nomade, la fabrication de yourtes, le projet d’habitats groupés ou encore le festival Épinal en transition.

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