Mobilisation chez Nestlé – Marre de la précarité !

B.Boulay 30 novembre 2017 0
Mobilisation chez Nestlé – Marre de la précarité !

Depuis le 8 novembre, la CGT appelle à débrayer 1h30 pour protester contre le « trop » d’intérimaires chez Nestlé. Ils revendiquent la transformation de 44 postes en CDI. Pour la direction, c’est impossible en ce moment.

La CGT avance ses chiffres. Depuis 10 ans, l’entreprise est passée de 1600 salariés à 934, soit 650 équivalents temps plein pour une augmentation de 40% de la productivité.

Trop de précarité

« On observe une augmentation des bénéfices depuis 2014 avec 26,7M€ en 2014, 45M€ en 2015 et 47M€ en 2016, mais l’emploi diminue et les intérimaires augmentent : 76 en 2014, 102 en 2015, 118 en 2016 et 123 en 2017. En 2016, il n’y a pas eu un seul mois à moins de 44 intérimaires », pointe Stéphane Cachet, secrétaire CGT et délégué. 215 salariés sont mobilisés, « c‘est à peu près 50% des salariés de la production et de la logistique ». Ils refusent que l’entreprise se joue de la précarité comme variable d’ajustement.

20 personnes embauchées en 2017

Hervé Levis, directeur de Nestlé Waters Vosges met en avant les 20 personnes récemment embauchées. « Quand nous avons des opportunités, nous embauchons ! Mais s’il y a eu une augmentation des volumes en 2016, on assiste à un léger recul sur le dernier trimestre 2017″.  Pour la CGT, le compte est loin d’y être ! « La direction a embauché 16 cadres, c’est bien, mais les besoins sont surtout en production et logistique ».

Nous faisons le choix des hommes et des femmes

« Il y avait aussi des techniciens, des opérateurs et des chefs de ligne de production, rétorque le patron. Nous faisons le choix des hommes et des femmes, nos salaires sont plus élevés que la moyenne, les conditions de travail sont meilleures et nous laissons nos employés prendre leurs congés en août, alors que c’est le mois le plus chargé en activité, et c’est pendant les congés que nous avons besoin d’intérimaires, mais en ce moment, embaucher serait inconséquent« .

Au moins 44 intérimaires chaque mois de l’année 2016

Trouvant qu’il y avait trop d’intérim et donc trop de précarité, la CGT a saisi 2 fois en 2016, l’Inspection du travail, sans succès. N’obtenant rien par la voir administrative, la CGT entend mettre Nestlé devant ses responsabilités sociétales. Le syndicat revendique que 44 contrats intérim soit transformés en CDI, puisque Nestlé les a employés toute l’année 2016. « Il n’y a pas un mois où il n’y a pas eu au moins 44 intérimaires« , démontrent les syndicalistes. Des emplois qui pour eux, pourrait être transformés en CDI.

Pas en adéquation sur la pérennité

Une centaine de salariés était là pour distribuer des tracts explicatifs « pour que la population soit au courant des choix de l’entreprise », relayée ensuite par les équipes d’après-midi. « Nous ne sommes pas en adéquation avec la CGT sur la façon de voir la pérennité de l’entreprise, c’est certain, mais nous restons dans un esprit de dialogue social ouvert et nous saisirons les opportunités dès que nous le pourrons. Nous ne pouvons pas nous engager sur autre chose », regrette Hervé Levis.

 

 

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