Malika – « J’aime la France, mais je la quitte ! »

B.Boulay 31 janvier 2017 0
Malika – « J’aime la France, mais je la quitte ! »

Malika est une artiste spinalienne. Après 9 ans d’études dans le cinéma, elle ne trouve que des boulots alimentaires. Bientôt à la rue, elle a décidé de faire de son expérience, une aventure. Elle va voir ce qu’il se passe ailleurs ! Si le monde marche à l’envers, elle veut aller chercher les projets qui rendent espoir. Elle en a besoin, elle y croit et elle veut communiquer à d’autres l’espoir que la vie a du sens.

« Les jobs alimentaires ne suffisent pas à me loger, manger, et payer les frais universitaires, raconte Malika. Après avoir perdu un proche, je me suis demandée à quoi rimait tout ça ? 9 ans d’étude pour quoi ? Ne même pas arriver à vivre ? ». Peut-être que Malika ne sait pas « vendre son travail », mais pourquoi n’y a-t-il personne pour l’aider à le faire ? Elle a créé son auto entreprise et s’est trouvé encore plus en difficulté, charges obligent !

9 ans d’études pour des jobs alimentaires

Son professeur de théorie de cinéma l’avait prédit : « Ici, je vois 160 étudiants, 160 futurs chômeurs », leur avait-il déclaré. Mais Malika a toujours voulu faire ça. C’est la seule chose à laquelle elle s’accroche encore. Cette dimension de l’imaginaire, de la création, ces images qui portent l’âme … ou la détruisent. Ce qui donne du sens à la vie, à la rencontre avec l’autre.

Voir ce qui se fait ailleurs

Malika a été dépressive. Elle s’est sentie en souffrance, a interrogé le monde entier sur le pourquoi. Elle a été révoltée, puis s’est isolée. Et un jour, elle s’est dit qu’elle ne voulait plus subir ça. Elle a relevé la tête et décrété que puisqu’on lui enlevait son logement, plus rien ne la retenait. Elle va aller voir ailleurs si c’est mieux. Voir comment les autres vivent et supportent ce monde, qu’est-ce que les autres inventent pour s’en sortir, parce que l’homme, la femme, elle en est sûre ne sont pas défaitistes !

Elle ne supporte plus cette destruction massive

Cette souffrance qui fait que quelqu’un doit payer, les étrangers, les migrants, les pauvres, ceux qui ont d’autres pratiques sexuelles, … cette haine montante, elle ne la supporte plus ! Ce n’est pas l’image qu’elle a de la France. Ce ne sont pas les valeurs qu’elle porte et veut défendre. La France, pour Malika, c’est la culture, la solidarité, l’art de vivre, la protection sociale mutualisée, l’ouverture d’esprit. La France, ce sont ces métissages réussis. Elle ne se retrouve plus dans cette destruction massive de l’économie, dans cette montée de la pauvreté, dans cette guerre financière, dans cette destruction écologique.

Mais qu’attendez-vous pour agir ?

Tout le monde sait que la planète est en danger, que les ressources s’amenuisent, que l’eau pourrait manquer, pourquoi personne ne prend le taureau par les cornes pour réagir ? Pourquoi se plier aux lobbys qui nous détruisent ? Pourquoi activer les haines et diviser alors qu’on est la proie d’attaques terroristes. L’unité française se fissure et rend le pays vulnérable. Mais qu’attendez-vous Messieurs et Mesdames les élus pour porter les intérêts collectifs, plutôt que ceux d’une minorité de privilégiés ?

Aller chercher l’espoir ailleurs

Malika ne peut rester à regarder les politiques s’emparer de sa vie pour la jeter comme un kleenex. Elle ne croit pas que ces politiques soient mauvais, elle croit simplement qu’ils ne voient plus. Elle a décidé d’aller voir ailleurs ce qui se fait de positif, d’encourageant, d’aller chercher l’espoir autre part. Malika est photographe et cinéaste. Elle partira fin février avec son sac à dos et son duvet à l’aventure, sans renier ses convictions. Pour elle, pas de lingot d’or, juste l’accueil qu’on lui réservera comme une Sans domicile fixe et tout ce qu’elle pourra engranger d’images et d’émotions.

Elle migre, mais elle témoignera

Elle sera suivie par un petit groupe d’amis qui se débrouilleront pour faire passer son message, ses images, ses découvertes et ses réflexions. Elle a déjà prix contact avec des relais, des instituts français pour pouvoir envoyer les traces de son vécu. Elle migre, mais elle témoignera. Elle a ses papiers et son projet, contrairement à milliers de réfugiés. Elle n’a pas vécu l’horreur, ni la peur de mourir, juste la souffrance. Elle cherche l’espoir dans la rencontre des autres et dans leurs combats. Elle veut partager ce qu’elle va découvrir et faire vivre aux internautes son cheminement. « Je veux me sentir vivante et rendre cet espoir à d’autres. Je veux devenir à ma modeste échelle, le vecteur de tout ce qui peut faire avancer le monde« .

Pour retrouver du sens

Elle va peut-être dormir chez vous, réservez lui bon accueil. Elle voyage sans le sou. Elle s’est débarrassée de tout ce qu’elle avait. Il ne lui reste que son sac à dos, des habits, son matériel et un bon duvet. « Il y a tellement de gens qui n’ont plus de toit, je vais voir aussi ce que c’est », explique-t-elle. Elle va jusqu’au bout de la démarche. Une réflexion sur l’essentiel, sur ce qu’est le monde, sur le pourquoi on vit, mais en réel pas en théorie. « Je veux participer à une réflexion et la partager pour que les gens votent en sachant ce qu’ils veulent. Je ne veux pas élire quelqu’un qui ne sait pas ce que vit le peuple ! ».

Éminemment politique !

Malika fuit la misère. Elle a 35 ans. Elle a le courage d’aller chercher la vérité et ça lui redonne la pêche. « Tant qu’on a du confort, on essaie de garder le peu qu’on a, poursuit-elle, c’est quand on a tout perdu qu’on s’ouvre au monde. Ce n’est pas un voyage de vacances, c’est une initiation ». Elle cherche le choc des cultures pour plus d’ouverture, de compréhension et trouver matière à créer. « Je veux aussi montrer qu’avec peu de forces, on peut créer un réel élan ». Un défi pour elle-même et au monde ! Un acte éminemment politique !

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