Monthureux-sur-Saône – 50 migrants de Calais cherchent une autre issue …

B.Boulay 27 octobre 2016 0
Monthureux-sur-Saône – 50 migrants de Calais cherchent une autre issue …

Partis ce matin de Calais vers 9h45, une cinquantaine de migrants sont arrivés un peu avant 17h dans le village de Monthureux-sur-Saône. Accueillis par le préfet des Vosges, la sous préfète de Neufchâteau, les dirigeants de l’ADOMA (la structure d’accueil), le maire et quelques habitants, ils étaient heureux d’arriver à un point de chute, où ils pourront tenter de débloquer leur situation.

Souriants, le regard profond, parfois une brève expression de lassitude, on sent que derrière la volonté de s’en sortir, les jeunes gens sont éprouvés. Le voyage a été long, pratiquement sans arrêt depuis Calais. Ils pensaient aller vers la ville, puisqu’on leur a montré le bassin de Strasbourg, alors arriver à la campagne les a quelque peu surpris ! « Mais ici ou ailleurs, c’est pareil », avoue Abdel Hafiz, un Tchadien de 23 ans qui parle un très bon français.

Calais, c’était très dur !

Lui raconte qu’il a été 9 jours à Calais.  « C’est très dur ! On n’avait pas de lit malgré la pluie et le froid. Il fallait se débrouiller, avec rien, et rien à manger non plus ». « Quand on est passé par la Jungle de Calais, on n’en revient pas indemne, confirme Gilles Furno, Directeur de l’ADOMA Grand Est. Je n’ai fait qu’y passer mais on ne ressort pas  sans être secoué« .

Chercher une issue

Abdel Hafiz est en France depuis le 5 novembre 2014. « Avant, j’étais dans la banlieue parisienne, le 94270, précise-t-il. C’est là qu’il a fait sa première demande d’asile, qui pour l’instant, a été rejetée par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et la CNDA (Cour nationale du droit d’asile).  « C’est pour ça, que j’ai atterri à Calais pour essayer de passer en Angleterre, mais ça n’a pas marché, poursuit-il. Aujourd’hui, on ne savait pas très bien où on allait, mais c’est toujours chercher une autre issue à notre situation. Moi je voudrais rester en France, mais il faut qu’on arrive à avoir un statut ».

Poursuivi au Tchad

Il explique qu’il a dû fuir son pays avec sa famille, parce qu’ils étaient poursuivis par la police secrète du Président du Tchad. « J’avais aussi organisé quelques manifestations contre le régime avec des étudiants et ça s’est ajouté au fait que mon père était considéré comme un ennemi du régime ». Son père et ses 3 frères et soeurs sont restés en Lybie, où ils ne sont pas beaucoup plus en sécurité. C’est lui que la famille a choisi de faire venir en France, car il faut de l’argent pour le passeur et tout le monde ne peut pas  partir.

De l’humanité tout simplement

Être arrivé dans les Vosges, il ne sait pas encore bien ce que ça veut dire, mais c’est en tout cas l’espoir d’un accueil et « d’une autre issue » comme il dit. Des boissons et des gâteaux leur étaient distribués par la Croix-rouge venue en renfort. Ils ont eu le droit à un kit Hygiène. « Accueillir ces personnes fuyant les guerres et les persécutions, c’est avant tout répondre à un objectif humanitaire, celui de leur mise à l’abri », commente Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, Préfet des Vosges. C’est un acte citoyen. I

Un hébergement sécurisant

L’ancienne gendarmerie de Monthureux-sur-Saône était fin prête. Le lieu vient d’être rénové. « C’est beau non ?  » se félicite le maire, Raynald Magnien. Au moins ici, les 45 Soudanais, 5 Érythréens et un Tchadien, seront au chaud, avec des sanitaires corrects et un vrai lit. Plusieurs avaient d’ailleurs à la main leur couverture. Ils y resteront les quelques mois nécessaires à mettre en route la procédure de demande d’asile. Ce n’est pas le paradis, ça ne résout pas tout, mais c’est un lieu sûr, confortable, où ils seront accompagnés. Et la première chose qu’ils demandaient, c’était du réseau pour appeler leur famille !

http://www.actu88.fr/demantelement-de-la-jungle-de-calais-7-bus-pour-le-grand-est-et-48-personnes-pour-les-vosges/

 

 

 

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