Saint-Dié – l’usine Le Corbusier classée au patrimoine mondial de l’humanité, une première pour les Vosges !

B.Boulay 17 juillet 2016 0
Saint-Dié – l’usine Le Corbusier classée au patrimoine mondial de l’humanité, une première pour les Vosges !

Exceptionnel ! L’usine Claude et Duval créée par Le Corbusier est classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, parmi 16 autres œuvres dûment sélectionnées de l’architecte franco-suisse. Pour la ville, c’est l’aboutissement  d’un long combat, une fierté mais aussi un challenge à relever !
« Nous voyons là aboutir un long combat, dans lequel la ville de Saint-Dié-des-Vosges et son Adjointe à la Culture, Claude Kiener, ont pris toute leur part. Nous pouvons être fiers du travail accompli depuis 2 ans en particulier, qui trouve aujourd’hui une pleine reconnaissance », commentent les élus.

La reconstruction de la bonneterie

Après la guerre, Jean-Jacques Duval confia à Le Corbusier la reconstruction de la bonneterie familiale, fondée en 1908 et détruite aux deux-tiers en novembre 1944. Comme il n’avait pas été retenu pour la reconstruction de la ville, Le Corbusier eut un peu de mal à accepter le projet. Les travaux ne démarrèrent qu’en avril 1948. L’édifice, 80m x 12.5m environ, ressemble à un immeuble d’habitation monté sur pilotis. Le bâtiment construits sur pilotis comporte 3 étages couverts d’un toit-terrasse.

Une autre façon de penser le travail

Le bloc d’entrée et de circulation verticale, assure la liaison avec l’ancien atelier de confection et le nouveau bâtiment. Il s’inscrit dans une aile en retour sur l’arrière. Sur le toit-terrasse, Le Corbusier a placé les bureaux du directeur et de l’administration, une salle des archives et une salle de réunion. Le mobilier est signé Jean Prouvé, Charlotte Perriand et Le Corbusier et les plafonds sont peints. La Manufacture Claude et Duval est toujours en activité aujourd’hui. Elle fabrique essentiellement des produits de luxe, en maille, pour femmes et collabore avec les grands noms de la haute couture française, belge et américaine.

Grâce au lobbying de l’association Le Corbusier

« La ville remercie Marc Petit, maire de Firminy, qui a créé et longtemps présidé l’association des sites Le Corbusier. Il a conduit le lobbying intense qui a permis de convaincre les états de déposer une nouvelle candidature au classement, après l’échec de 2011, souligne David Valence, maire.  Je suis reconnaissant à son successeur Benoit Cornu, élu de Ronchamp, d’avoir inscrit son action depuis 6 mois dans la continuité » .

L’histoire du textile

Cette reconnaissance de l’Oeuvre de Le Corbusier constitue une fierté pour chacune des villes concernées. « Surtout qu’elles ont souvent entretenu des liens complexes dans le passé avec ce patrimoine contemporain, remarque le maire. A Saint-Dié-des-Vosges, c’est toute l’histoire du textile, de ses industriels originaux et généreux, des terribles lendemains de la Seconde Guerre mondiale et de la Reconstruction qui est symboliquement distinguée, une histoire hors du commun que les Déodatiennes et Déodatiens doivent s’approprier ».

Un puissant outil d’attractivité à valoriser

Les Vosgiens, les Lorrains et les habitants du Grand Est dans leur ensemble peuvent être fiers de voir Saint-Dié-des-Vosges rejoindre la place Stanislas à Nancy ou les cathédrales de Strasbourg et Reims. Cette distinction éminente sera un puissant outil d’attractivité à l’avenir. « Elle nous met face à nos responsabilités pour imaginer de nouveaux lieux ou de nouvelles formes d’interprétation de ce patrimoine mondial : musée(s) bien sûr, mais aussi résidences d’architectes,… C’est un formidable défi que nous avons voulu nous donner à nous-mêmes ! ».

Commentez l'article »