Bouxurulles – Une peinture de bas d’autel du XVIIe restaurée !

B.Boulay 17 novembre 2016 0
Bouxurulles – Une peinture de bas d’autel du XVIIe restaurée !

Cet Antépendium retrouvé dans les meubles de l’église Saint-Maur à Bouxurulles a 2 faces. Il en reste très peu en France. Le restaurer a été une aventure exceptionnelle. Il sera exposé au musée départemental d’Épinal jusqu’en avril, avant de rejoindre sa petite église.

Un Antépendium est une peinture qui décorait le bas des autels de Ante (devant) pendere (qui pend). Celui de Bouxurulles a été découvert par hasard par Alexis Charronière, un jeune homme à qui la commune avait confié une mission de rénovation du patrimoine de l’église en service civique. Il avait une formation de menuiserie, mais n’avait pas de travail et s’est attelé à la tâche avec 4 ou 5 bénévoles.

Un Antependium rare

Comme il n’avait pas eu le temps d’entreprendre la rénovation de l’autel, son contrat a été prolongé de 6 mois et c’est en démontant la table d’autel, qu’il a vu apparaître dessous un motif. Il l’a nettoyé à la brosse et la peinture est apparue sous la poussière de carbone. Le maire a fait expertiser l’oeuvre par la DRAC qui a confirmé la rareté et la valeur exceptionnelle de cette découverte.

6 mois consacrés à la restauration

L’Antependium présente 2 faces polychromes : d’un coté l’adoration du Saint-Sacrement et de l’autre un Memento Mori pour les cérémonies funéraires. Le nom du peintre n’a pas pu être retrouvé, mais l’Antépendium a un style caractéristique de l’Est de la France. Gaelle Ferdek, conservatrice restauratrice d’oeuvres y a consacré son stage de fin de Master. Elle y a passé 6 mois : 2 mois de recherches historiques et 4 mois de restauration.

Classé aux Monuments historiques

L’oeuvre ayant une vraie valeur historique, a été classée aux Monuments historiques. Puis la commune l’a inscrit à un concours pour la sauvegarde du patrimoine des communes françaises organisé chaque année par le CEA. Sorti lauréat en 2014, l’Antependium a bénéficié d’un traitement par Arc NucléArt de Grenoble (atelier régional de conservation).

Bois traité par irradiations

« C’est une oeuvre qui avait beaucoup souffert », confirme Christian Vernou, directeur d’Arc Nucléart, avant d’expliquer que pour éviter la prolifération d’insectes et de parasites qui pourraient s’y être installés, elle a été traitée par irradiations. Puis Gaëlle Ferdek a pris le relais et effectué des micros prélèvements pour analyser les matériaux et tenter une datation. Elle a retrouvé les traces des crochets qui permettait de basculer le panneau en fonction des cérémonies.

Une oeuvre qui date d’avant 1830

« L’Antépendium était recouvert d’une peinture de type industrielle. Il a fallu la décaper sans abîmer les pigments de la peinture dessous. On a utilisé des gels. On a trouvé des traces de poussières de carbone qui a constitué une couche protectrice, venant certainement d’un ancien poêle à bois. On a établi un partenariat avec l’Université de Pise et on a trouvé de la cire d’abeilles, qui n’a plus été utilisée après 1830, donc l’Antépendium date d’avant », détaille la restauratrice.

Une conférence dimanche

Et de poursuivre : « On a retrouvé la succession de couches de peintures polychromes. L’Antépendium n’a pas été repeint. Les raccords ont été faits pour être réversibles. Aucune colle n’a été utilisée ». « C’est une belle opération », se félicite le maire, Jean Vaubourg très enthousiaste. L’eouvre sera visible au musée jusqu’en avril et dimanche 20 novembre à 15h30, la restauratrice propose de vous raconter la restauration.

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