Ligue des droits de l’homme – Dominique Guibert : « On est sur un point de bascule ! »

B.Boulay 15 octobre 2017 1
Ligue des droits de l’homme – Dominique Guibert : « On est sur un point de bascule ! »

Vendredi soir, Dominique Guibert appelait à une autre répartition des biens communs comme l’eau, la santé, l’éducation ou la culture … Le conférencier appelait à trouver une alternative ou ce sera la catastrophe !

Il y avait bien peu de personnes intéressées par le sujet, une vingtaine mais des gens engagés pour la défense des droits de l’homme de plus en plus bafoués par les politiques mises en place, que ce soit au niveau national ou international.

Les richesses ne ruissellent pas

« On pense souvent que la théorie du ruissellement va s’appliquer mais ça ne fonctionne pas ! Les richesses n’arrivent pas aux plus pauvres par ruissellement ! Il n’ y a pas de redistribution, souligne le conférencier, et le degré d’inégalité s’accentue. Ce n’est peut-être pas exactement 1% de la population mondiale qui concentre les richesses et les 99% qui vivent avec ce qui reste mais c’est un pourcentage proche ».

Un système qui crée des inégalités

Le marché ne fonctionne qu’avec le risque, mais ce risque est supporté par les plus vulnérables, pendant que d’autres plus armés sont propulsés aux sommets. Des personnes s’approprient les biens communs qui devraient être répartis. « Comment fait-on pour que ce  fonctionnement aberrant qui crée tant d’inégalités apparaisse comme le système le plus approprié », interroge le conférencier.

On vous inculque cette façon de penser

« On tend à vous faire croire que les chômeurs  restent pauvres, parce qu’ils n’ont pas les connaissances ou les informations qui leur permettraient d’être autre chose. Mais il y a une asymétrie de départ. Cette façon de voir les choses a été inculquée, pour qu’une petite partie de la population, l’élite, puisse garder les biens et le pouvoir. C’est ce système qui nous amène à avoir un problème par rapport à la répartition des biens ».

 Mais qu’est-ce qu’on fait du monde ?

« On est à un point de bascule et il va falloir trouver des alternatives. Une fois qu’un cycle est enclenché, il faut des milliers d’années pour l’inverser. Et ce sont toujours les plus pauvres qui prennent le choc, comme avec l’ouragan Katrina, parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’en défendre. A Saint-Avold, on a fermé les mines et on a laissé les gens dans des coins de désespérance, où il n’y a plus que des ruines. Ils ne pourront pas aller ailleurs, parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Mais qu’est-ce qu’on fait du monde ? »

Une alternative ou la catastrophe ?

« On joue la vie des gens en faisant tourner les profits. A un moment des bulles financières explosent et c’est avec l’argent des contribuables qu’ on les rachète, parce qu’on ne peut pas laisser faire, ça provoquerait trop de dégâts. On crée des réfugiés climatiques et économiques. ce qui pose la question de la politique migratoire. En 2050, il y aura 10 milliards de personnes dans le monde avec une augmentation marquée en Afrique et en Asie. D’où la question de la répartition des biens ? Sans alternative, on va à la catastrophe !« .

Des ilots protégés par des forces armées ?

La France a édité sa Nième loi sur l’émigration. « On avait prévu d’accueillir 30 000 migrants, on en est à 15 000 …  On fait comme Daech, on élimine ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Dire qu’on ferme les frontières est irrationnel ! Les réfugiés entreront quand même. On aura des ilots protégés par des forces armées. Le statut des étrangers, dans une société démocratique est emblématique de l’état des droits. Aucune considération politique ou économique ne saurait  justifier la méconnaissance de droits universels.« 

Juste les droits de l’homme

Des droits aussi fondamentaux que le droit d’asile, le droit à la santé, au logement, à l’éducation, au respect du droit du travail ou encore de la vie privée et familiale ne peuvent être refusés à aucun être humain présent sur le territoire d’un État : l’égalité en dignité et en droits exclut toute discrimination fondée sur la nationalité ou sur la régularité du séjour.

Les grands équilibres sont rompus

En seulement quelques générations, l’Homme a profondément transformé son support de vie pour l’adapter à ses « besoins ». Malheureusement, la pression insoutenable des activités humaines a rompu les grands équilibres naturels de la Terre et notre passage laissera sans doute une empreinte dans l’histoire géologique de notre planète. « L’alternative est incontournable. Nous ne pouvons plus accepter l’idée que la croissance quantitative est suffisante pour sauver le monde !« 

Subir ou agir ?

Si mettre des murs ne sert à rien, on peut au moins se poser la question de la répartition des biens. Qui les détient et pour quoi faire ? Les participants s’interrogent sur le comment agir ? Par une réponse politique ? Par des choix de consommation ? Renée-Lise Rothiot évoque le cas de la nappe du Grès du Trias inférieur et de la ville de Vittel. « Les 3 nappes ont été privatisées et sont siphonnée par Nestlé avec un objectif de passer de 900 salariés à 300. La ville est prisonnière de l’industrie de l’eau, accuse-t-elle et ce pillage se fait au niveau de la planète ! ». Alors vous subissez ou on réfléchit à une alternative à notre système qui respecte mieux les équilibres ?

Un commentaire »

  1. Martin 15 octobre 2017 sur 14 h 21 min - Reply

    Très bon reportage et bonne analyse, du travail pour les partis politiques de gauche pour informer la population et la convaincre de se bouger et de manifester contre cette dégradation.

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