Stéphane Viry – Premiers pas dans l’arène de l’Assemblée nationale !

B.Boulay 29 juillet 2017 0
Stéphane Viry – Premiers pas dans l’arène de l’Assemblée nationale !

Il vient d’être élu député et fait ses premiers dans l’Arène de l’Assemblée. Il avoue avoir été paumé comme tous les nouveaux, mais il a pris ses marques et choisi ses commissions de travail. « Il faut en apprendre les codes de fonctionnement, mais une fois que vous avez compris comment ça fonctionne, le rythme est terrible, mais je me régale ! » confie-t-il.

Pourtant, tout n’est pas simple à l’Assemblée nationale ! Stéphane Viry a erré 3 semaines en nomade, le temps que les groupes politiques s’organisent et que les bureaux soient attribués ! A la permanence locale, les choses ne sont pas plus faciles. Ils viennent juste d’avoir le téléphone et l’internet, il faut apprendre la patience … quand on est député !

Apprendre les codes de fonctionnement

« Le bâtiment est un labyrinthe, reconnait-il. Si on veut, on peut ne pas en sortir. Il y a tout sur place ! Bien sûr, vous payez ce que vous achetez. Les prises de parole sont très codifiées. Ce n’est pas un forum, où on peut intervenir quand bon vous semble. Il faut s’inscrire pour prendre la parole et c’est 2 mn et pas 2mn 10 ! Il faut apprendre comment fonctionner, c’est technique ! On le sait mais on en prend vraiment la mesure en y étant plongé ».

6 nouveaux vices-présidents peu au fait des règles

« Il y a un apprentissage à acquérir très vite. Beaucoup de députés sont nouveaux, 72% ont été renouvelés. Ils prennent l’hémicycle pour une arène ! La présidence de séance est essentielle. C’est elle qui fait la police des débats, mais elle est déléguée à 6 vices-présidents choisis parmi les nouveaux qui ne sont pas assez expérimentés quant au fonctionnement de cette assemblée. Il faut que les débats soient tenus et là, c’est la cacophonie« .

Le groupe « En marche » fermés sur lui-même

Stéphane Viry trouve le Groupe de la majorité « En marche » très fermé sur lui-même, et c’est une déception. « Je ne sais pas si c’est le hasard ou une discipline du groupe et j’ai plutôt l’impression que c’est une pression du groupe alors qu’Emmanuel Macron annonçait vouloir faire autrement et chercher des solutions collectives innovantes« .

Liberté de vote et d’expression dans le groupe LR

Par contre, le nouveau député apprécie la liberté laissée à chacun dans le groupe LR pour décider de son vote en son âme et conscience. « J’apprécie aussi la liberté de débat et d’échanges. Certains députés sont de fortes têtes, mais le débat est ouvert. Il y a pourtant une grande diversité d’opinions, mais il n’y a pas de lien de tutelle qui s’impose. Ce qui n’est pas le cas dans le groupe « En marche » où chaque amendement proposé à l’examen, doit être validé par le groupe ».

Contre la fin de la réserve parlementaire

« Je regarde avec intérêt ce que propose Emmanuel Macron sur le fond, il pourrait y avoir des affinités, mais sur la forme, je suis atterré ! confie-t-il. Le rythme de travail à l’Assemblée est intense. Les commissions et réunions s’enchainent quand elles ne se chevauchent pas ! On reçoit un mail avec pièces jointes à étudier toutes les 10 mn. Aujourd’hui a été votée la fin de la réserve parlementaire. C’est un coup porté aux territoires. Cette réserve aidait vraiment les associations et les Collectivités à porter des projets qui n’auraient pas pu émerger sans. C’est un levier qu’on veut supprimer au lieu de parfaire le système en termes de transparence. On n’était pas obligé de jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Un texte qui perd sa force

Pour les emplois familiaux, Stéphane Viry estime qu’il suffisait d’organiser un contrôle avec l’Inspection du travail chaque fois que quelqu’un de la famille était embauché, plutôt que de tout interdire. « Il y a des gens qui vont se retrouver sans emploi dans les 15 jours suivant le décret d’application ! On nous a soumis une loi puritaine. Il n’y a pas eu de travail sur cette loi. Tout le monde veut la moralisation, mais on va finir avec un texte dans lequel il n’y aura plus grand chose. On est en train de retirer tout ce qui a fait élire Emmanuel Macron. On ne va pas au fond des sujets, on contourne les difficultés. Cette semaine m’a déçu !« 

Bien dans cette mission

Pour la loi de confiance, je me suis abstenu. Je n’ai pas voulu voter contre pour ne pas marquer une hostilité flagrante au gouvernement. Je veux le laisser travailler, mais je n’ai pas voulu lui donner un chèque en blanc. 2e loi en cours d’examen la loi du travail, j’y suis favorable. Elle va dans la bonne direction. Procéder par ordonnances, je suis d’accord, même si ça réduit le débat. Lundi, nous rencontrons la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et nous avons également une audience avec Agnès Buzyn, ministre de la santé. On ne souffle pas jusqu’au moment de reprendre le train, mais je me sens bien dans cette mission ».

Un engagement fort

Stéphane Viry est engagé dans la commission aux affaires sociales qui traite de protection, emploi, travail, santé, la MECSS (Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale) et le Droit des femmes. Il a choisi de travailler sur la question de l’aménagement des territoires, la ruralité et l’agriculture, une thématique qui lui tient à coeur. Il dispose pour mener à bien sa mission, d’une personne à temps partiel à Paris, ancien assistant parlementaire de Gérard Cherpion, de l’ancienne attachée parlementaire de Michel Heinrich, une journée par semaine sur Épinal et d’une personne pour l’administration. « Je pourrai compléter mon équipe mais j’attends de voir avec quelles compétences il faut privilégier ».

 

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